Glyphosate: tous contaminés, mieux vaut en rire!

Le 06 avril 2017 par Marine Jobert
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Guillaume Meurice rigole moins, depuis qu'il sait...
Guillaume Meurice rigole moins, depuis qu'il sait...
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100% des cobayes testés par Générations Futures sont chargés en glyphosate. Dont Guillaume Meurice, qui a accepté de faire analyser son urine.

On savait qu’il y en avait dans l’eau du robinet, dans la bière allemande et dans les eurodéputés. Grâce à une étude publiée ce 6 avril par l’association Générations Futures, on sait désormais qu’il y a du glyphosate dans le Guillaume Meurice. L’humoriste de France Inter s’est prêté, avec 29 autres personnes âgées de 8 à 60 ans[1], à une analyse d’urine, à la recherche de l’herbicide le plus utilisé de par le monde. Carton plein: du glyphosate a été retrouvé dans 100% des échantillons. Et à une exception près, les concentrations détectées étaient supérieures a? la concentration maximale admissible pour tout pesticide dans l’eau, établie par la réglementation à 0.1 ng/ml.

630.000 signatures ont été collectées en un mois dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne contre le glyphosate. Si des citoyens d’Autriche, de Belgique et d’Allemagne ont signé à tour de bras et que le Danemark et le Luxembourg ont presque rempli leur mission, la situation est pendante en France. 38.850 signatures ont été recueillies, mais il en manque 55.000 signatures, «et ce avant l'été 2017 vu le calendrier de l'UE pour la ré-autorisation du glyphosate», alertent les 60 ONGs mobilisées dans toute l’Europe.

Vivre jusqu’à 120 ans

«Chez moi, je mange bio… mais je ne mange pas souvent chez moi», constate Guillaume Meurice, qui n’est pas le plus chargé en herbicide, mais qui affiche un très correct 2,24 ng/ml. Soit 3 fois plus que sa comparse Charline Vanhoenacker et 22 fois plus qu’Alex Visorek. «Mais lui, il a un peu triché: il a donné son urine de l’après-midi». Ceci explique cela… Que faire, une fois informé de ces résultats? «A part manger plus bio, je ne vois pas quoi faire d’autre, soupire le végétarien, qui se demande s’il doit blâmer les légumes. Ou alors j’attends qu’on découvre que le glyphosate est bon pour la santé et que je vais vivre jusqu’à 120 ans!...»

Monsanto Papers

En apparence, le débat scientifique fait effectivement rage autour du glyphosate. Hormis le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) qui, en mars 2015, l’avait classé comme cancérogène probable, l’autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) en novembre 2015, l’organisation mondiale pour la santé (OMS) et l’agence américaine de l’environnement (EPA) en mai 2016 avaient toutes conclu de façon diamétralement opposée. A la mi-mars, l’agence européenne des produits chimiques a estimé à son tour que le glyphosate n’était pas cancérigène, ouvrant la porte à une possible ré-homologation de la substance active, puisque le renouvellement pour 10 ans de son autorisation, prolongée de 18 mois faute d’accord des Etats et qui arrive à échéance fin 2017, était suspendue à cette décision. Mais le lobbying agressif de la firme et ses relations troubles avec des scientifiques commencent à être dévoilés, notamment par le biais de correspondances internes.

Glyphosate pas testé systématiquement

Reste que l’environnement au sens large est imprégné de la substance, sans qu’on puisse vraiment en prendre toute la mesure. C’est notamment le cas au plan alimentaire, puisque les tests européens sur les résidus de pesticides dans les aliments n’ont porté sur le glyphosate «que dans 4721 échantillons, soit 5.71% du total seulement», déplore Générations futures. La molécule a été retrouvée dans 4,2% de ces analyses, dans des échantillons de céréales, de légumineuses ou encore de graines oléagineuses.

Tous contaminés

Sans prétendre avoir rassemblé une cohorte un tant soit peu représentative de la population française, l’association constate toutefois que les concentrations mesurées chez leurs 30 cobayes sont concordantes avec celles observées chez 48 eurodéputés de 13 pays testés en mai 2016 et dans l’étude URINALE[2] réalisée sur plus de 2.000 personnes en Allemagne en 2015/2016. «Pour être autorisés, les pesticides sont supposés ne pas laisser de trace, or le glyphosate a laissé sa marque dans tous les compartiments des écosystèmes, jusque dans nos cellules, note Arnaud Apoteker, ancien de chez Greenpeace France, qui affiche un 0,72 ng/ml. Il doit être immédiatement interdit, et Monsanto devrait être jugé pour avoir contaminé la terre entière», conclut le coordinateur du Tribunal Monsanto, qui doit rendre son verdict le 18 avril prochain.

 

 


[1] Dont Delphine Batho, Olivier De Schutter, Emily Loizeau ou Marie-Monique Robin.

[2] http://www.urinale.org/wp-ontent/uploads/2016/03/PK-Text-Handout.pdf

 



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