Glyphosate: pas de revirement français

Le 30 août 2017 par Romain Loury
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Prochain rendez-vous début octobre
Prochain rendez-vous début octobre

La France va bien s’opposer au renouvellement de l’autorisation du glyphosate proposé par la Commission européenne, a assuré jeudi 30 août le ministère de la transition écologique. Un soulagement pour les associations, qui craignaient un changement de position comme sur le dossier des perturbateurs endocriniens.

Le vote devrait avoir lieu lors d’une réunion du Scopaff[i] prévue les 5 et 6 octobre à Paris: après quatre échecs consécutifs en 2016, la Commission a de nouveau proposé aux Etats-membres, en juillet, un renouvellement pour 10 ans de l’autorisation du glyphosate, qui expire le 15 décembre. Bruxelles s’appuie pour cela sur l’avis positif de l’agence européenne des produits chimiques (ECHA).

Publié en juin dans sa version finale, cet avis est le dernier d’une longue série de rapports contradictoires. Entre autres, celui du Centre international de recherche sur le cancer (Circ, mars 2015), qui a classé le produit comme cancérogène probable, et celui de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa, novembre 2015), qui juge au contraire qu’il ne l’est pas (voir encadré).

Qu’elles émanent de l’Efsa ou de l’ECHA, les évaluations européennes sur le glyphosate sont vivement critiquées pour leur méthodologie: après le toxicologue Christopher Portier en mai, l’ONG autrichienne Global 2000 a publié en juillet un rapport révélant que plusieurs études montrant des cas de cancer chez l’animal n’avaient pas été prises en compte par les agences.

Une opposition renouvelée

Lors des votes intervenus en 2016 au Scopaff, la France, par la voix de sa ministre de l’environnement Ségolène Royal, s’est constamment opposée au renouvellement d’autorisation du produit. Or nul ne savait encore si la France d’Emmanuel Macron allait poursuivre dans cette voie.

Le débat semble clos: mardi 29 août lors d’un déplacement en Bretagne, Nicolas Hulot a affirmé à l’agence de presse Agra que la France s’opposerait à la proposition de renouvellement, une affirmation réitérée mercredi 30 août par le ministère à l’Agence France-Presse. Contacté par le JDLE, le ministère déclare que la dépêche de l’AFP «est avérée», mais indique «ne pouvoir en dire plus à ce stade».

«Un signal très positif»

Contacté par le JDLE, le porte-parole de Générations futures, François Veillerette, voit dans cette annonce un «signal très positif», qui «rend possible le non-succès de la proposition de la Commission». «Au moins nous sommes dans une continuité, cela va pousser un certain nombre d’Etats à s’opposer au renouvellement», espère-t-il.

Début juillet, la France a au contraire fait volte-face sur la question des perturbateurs endocriniens, en acceptant des critères de définition que Ségolène Royal avait systématiquement repoussés. Un revirement qui a permis leur adoption, dans une version jugée très insuffisante par les scientifiques et les associations.

Le glyphosate a fait l’objet de plusieurs pétitions, dont une initiative citoyenne européenne (ICE): en juin, ses organisateurs ont annoncé avoir dépassé le seuil fatidique du million de signataires en seulement cinq mois, ce qui fait d’elle la plus rapide depuis le lancement des ICE en 2012.



[i] Comité permanent des animaux, des végétaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux

 



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