Glyphosate: Monsanto trahie par des documents internes

Le 20 mars 2017 par Romain Loury
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L'herbicide le plus vendu au monde
L'herbicide le plus vendu au monde
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Aux Etats-Unis, Monsanto se trouve prise dans la tourmente après que plusieurs mails internes, relatifs à son glyphosate (le principe actif de l’herbicide RoundUp), ont été dévoilés par la justice. Ces documents  confirment que l’entreprise ne lésine pas pour défendre son produit phare.

Le glyphosate fait l’objet d’une vive controverse depuis la publication, en mars 2015, d’un rapport du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) concluant à sa probable cancérogénicité –d’autres agences, dont l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), soutiennent l’inverse. Mercredi 15 mars, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a elle aussi conclu à l’improbabilité d’un tel risque, ouvrant la voie à un renouvellement d’autorisation dans l’UE.

Or dans le même temps, Monsanto fait l’objet outre-Atlantique de soupçons quant aux moyens mis en œuvre pour défendre son herbicide. En cause, la révélation de documents internes, dont des messages électroniques, mardi 14 mars par une cour fédérale de Californie dans le cadre d’une action collective intentée par des travailleurs agricoles atteints de lymphome non hodgkinien –un cancer du sang.

Complicités au sein de l’EPA

Ces «Monsanto papers» confirment les manœuvres de la firme de Saint Louis (Missouri) pour tenir son produit à l’abri des soupçons sanitaires. Ils révèlent par exemple l’existence de complicités au sein de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), notamment avec un ancien directeur de la branche pesticides, Jessie Rowland.

Selon un mail interne de Monsanto daté de 2015, cet expert de l’EPA aurait fait part à un dirigeant de la firme de sa volonté de «tuer» une expertise en cours sur le glyphosate, menée au sein du département de la santé et des services sociaux (DHHS) –travaux qui n’ont jamais vu le jour. Quant à l’expertise menée par l’EPA, au sein de la direction de Jessie Rowland, sa méthodologie a été critiquée au sein même de l’agence, indique le quotidien Le Monde.

«Ghostwriting»

D’autres courriels internes à Monsanto évoquent la possible rédaction d’études, menées au sein de la firme, afin de les faire signer par des universitaires -pratique dite du «ghostwriting». D’autres courriers montrent enfin que l’entreprise avait été avertie dès 1999 du potentiel génotoxique du glyphosate, par un toxicologue britannique qu’elle avait pourtant appointée dans le but de défendre le produit auprès des institutions européennes. Un avis que Monsanto a finalement décidé d’écarter.



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