Glyphosate: la France lance le bal des interdictions

Le 08 avril 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le RoundUp n'en contient pas, selon Monsanto
Le RoundUp n'en contient pas, selon Monsanto
DR

Les produits à base de glyphosate présentant la tallowamine parmi leurs coformulants vont être retirés du marché, a annoncé l’Anses aux fabricants. En cause, le fait que «des risques inacceptables, y compris pour la santé humaine», ne peuvent être exclus.

Les produits à base de glyphosate présentant la tallowamine parmi leurs coformulants vont être retirés du marché, a annoncé l’Anses aux fabricants. En cause, le fait que «des risques inacceptables, y compris pour la santé humaine», ne peuvent être exclus.

Peu après la publication d’un avis de l’Anses[i] sur le glyphosate mi-février, la ministre de l’environnement Ségolène Royal avait demandé à l’agence «de réexaminer immédiatement l’ensemble des préparations de glyphosate contenant des adjuvants à base d’amines grasses de suif (tallowamine)», l’invitant «à retirer d’ici la fin du mois de mars les autorisations de mise sur le marché des préparations phytopharmaceutiques contenant ces coformulants présentant des risques préoccupants».

C’est chose faite: vendredi 8 avril, l’Anses a confirmé au JDLE avoir envoyé cette semaine aux fabricants de ces produits un courrier notifiant cette interdiction, signé par la directrice générale adjointe en charge des produits réglementés Françoise Weber. Les industriels ont possibilité de répondre à l’agence dans les 15 jours.

L’Efsa ne peut pas conclure

Utilisée comme adjuvant de plusieurs formulations de glyphosate –mais absente de la gamme RoundUp de Monsanto, selon l’entreprise[ii]-, la tallowamine fait en effet l’objet d’inquiétudes quant à sa sécurité. Dans un avis publié le 12 novembre, en même temps que celui sur le glyphosate, l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) indiquait ne pas avoir suffisamment de données pour mener une évaluation du risque pour la santé humaine et animale.

Sur la base de cet avis, l’Anses a considéré que «des risques inacceptables ne peuvent être exclus, y compris pour la santé humaine». Cette décision a été prise en accord avec le règlement n°1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, dont l’article 29 précise que «l'interaction entre la substance active, les phytoprotecteurs, les synergistes et les coformulants doit être prise en compte lors de l'évaluation des produits phytopharmaceutiques», rappelle l’Anses.

Les Etats membres de l’UE sont chargés de l’évaluation et de l’autorisation des produits, tandis que celles du principe actif reviennent à la Commission européenne. Début mars, celle-ci a dû reporter le vote sur le renouvellement d’autorisation du glyphosate, sujet sur lequel le Parlement européen va lui-même se prononcer, lors de sa session plénière qui commence lundi 11 avril.



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

[ii] Sur son site internet, Monsanto indique que «d’autres préparations à base de glyphosate [que la gamme RoundUp], appartenant à  Monsanto ou à d’autres entreprises, contiennent des coformulants de la famille des tallowamines tout comme de nombreux autres produits phytosanitaires ou même domestiques (produits de nettoyage ou ménagers)».

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus