Glyphosate: l’Echa ouvre la voie à son renouvellement

Le 15 mars 2017 par Marine Jobert
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Le Round-Up revient en force.
Le Round-Up revient en force.
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Le glyphosate n’est pas cancérigène, tranche l’agence européenne des produits chimiques. Un avis en ligne avec ceux de plusieurs autres instances, confrontées à des conflits d’intérêts et à des critiques sur leurs méthodologies. Cette décision pourrait ouvrir la voie à un renouvellement de 10 ans de l’autorisation de l’herbicide le plus utilisé au monde.

Toxique à long terme pour les milieux aquatiques et dangereux pour les yeux, oui. Cancérigène, reprotoxique ou mutagène, non. L’agence européenne des produits chimiques (Echa) a publié ce 15 mars un avis attendu sur le glyphosate, qui conclut notamment à son absence d’effets cancérigènes. Le Comité d’évaluation des risques de l’Echa estime que «les preuves scientifiques disponibles ne remplissent pas les critères du règlement CLP[1] pour classer le glyphosate selon sa toxicité sur un organe cible, ou comme un CMR[2] Une position contraire aurait probablement eu pour conséquence un retrait du produit du marché européen. Le renouvellement pour 10 ans de son autorisation, prolongée de 18 mois faute d’accord des Etats et qui arrive à échéance fin 2017, était suspendue à cette décision.

Le Circ, seul contre toutes

Cet avis s’inscrit dans une série de conclusions favorables à la substance active du plus vendu des herbicides, le Round-Up. Hormis le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) qui, en mars 2015, l’avait classée comme cancérogène probable, l’autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) en novembre 2015, l’organisation mondiale pour la santé (OMS) et l’agence américaine de l’environnement (EPA) en mai 2016 avaient toutes conclu de façon diamétralement opposée. S’en étaient suivies d’âpres controverses sur la nature et l’exhaustivité des études que chaque instance avait considérées pour asseoir leur évaluation.

Etudes fournies par l’industrie

L’agence basée à Helsinki précise que, à la différence du Circ, elle a eu accès aux rapports et études originelles conduits par l’industrie et qu’elle a également basé sur son évaluation sur «toutes les données scientifiques, incluant toute information scientifiquement pertinente reçues durant la consultation publique à l’été 2016.» Un choix méthodologique très critiqué par de nombreuses ONG, qui ont protesté il y a quelques semaines «contre les méthodes de l’Echa qui utilise des études non publiées fournies par l’industrie pour ses évaluations et dont certains membres du panel d’expert semblent bien dans des situations de conflits d’intérêts», rappelle l’association Générations Futures. La classification proposée par l’Echa est «uniquement basée sur les propriétés de danger de la substance», précise enfin l’agence, ce qui a contrario relève de la même démarche que celle menée par le centre onusien basé à Lyon. Pour aboutir à des conclusions opposées.

 



[1] Le règlement européen relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances chimiques et des mélanges (CLP).

[2] Cancérigène, mutagène, reprotoxique.

 



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