« Giec » de la biodiversité : « Ce n’est pas encore joué »

Le 18 octobre 2010 par Sabine Casalonga
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La création du « Giec » de la biodiversité, la plate-forme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les systèmes écosystémiques (IpBes) devrait être entérinée d’ici la fin de l’année. L’aval des pays en développement dépendra toutefois de l’issue de la conférence de Nagoya qui s’ouvre aujourd’hui au Japon. Lucien Chabason, directeur délégué de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) apporte son éclairage.

 

Comment est né l’IpBes ?

L’IpBes a une double origine. En 2005, la publication de l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EM) a promu la notion de services rendus par les écosystèmes et a permis de faire comprendre la nécessité de dépasser la notion de conservation traditionnelle. De là a émergé le besoin d’évaluations régulières de l’état des écosystèmes réalisées par une entité internationale indépendante qui fasse autorité, au même titre que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), afin de déboucher sur des actions politiques. De fait, les études des ONG et même le Global Environmental Outlook du Programme des Nations unies (Pnue) ne font pas consensus aujourd’hui.

L’idée résulte par ailleurs du besoin d’apporter des réponses à des questions complexes et sensibles comme l’impact des subventions à la pêche et à l’agriculture, celui des agrocarburants, des relations entre commerce et biodiversité, ou encore du moratoire sur la pêche des baleines.

 

Quelles avancées a permis l’accord international en faveur de l’IpBes en juin dernier en Corée du Sud [voir le JDLE]?

Les pays se sont prononcés sur différents principes. Ils ont en revanche laissé à la décision de l’ONU les questions opérationnelles, comme le choix de l’organisation qui abritera la plate-forme. Le Pnue, et l’Unesco sont sur les rangs, mais aussi l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Cette - ou ces - structures, fourniront le personnel et les locaux à l’IpBes, mais celle-ci aura sa gouvernance propre. Il faudra également choisir le siège de la future entité. La France, la Corée du Sud, le Brésil, le Kenya, l’Allemagne et la Suède se sont notamment portés candidats.

Parmi les points acquis en Corée figure la place des ONG dans la gouvernance [un point de litige entre pays du Nord et du Sud ; voir le JDLE]. En sus de leur place d’observateurs comme dans toute organisation de l’Onu, les ONG disposeront d’un droit de saisine de l’IpBes. En contrepartie, les pays développés se sont engagés à mettre en place un programme de renforcement des capacités scientifiques dans les pays du Sud.

 

La réunion des Nations unies fin septembre à New York a-t-elle effrité ce consensus?

Il s’agissait d’une session spéciale de l’ONU au cours de laquelle seules des prises de position, et non des décisions, étaient attendues. De nombreux pays se sont prononcés en faveur de l’IpBes, notamment l’Inde et les Etats-Unis. En revanche, le Venezuela a mis en balance sa décision avec l’obtention d’un accord sur le partage des avantages [liés à l’utilisation des ressources génétiques] lors de la conférence de Nagoya. Mais cela n’a pas mis en échec les négociations, la majorité des pays ayant pris position en faveur de l’IpBes.

 

 

Quels sont les scénarios envisageables ?

En cas de mécontentement des pays africains et des pays du G77, il peut y avoir un retour en arrière après Nagoya. Dans un tel scénario, le projet serait probablement repoussé à une date ultérieure mais pas abandonné. Même si l’idée de l’IpBes émane au départ des pays riches, beaucoup de pays du Sud, la Malaisie en tête, sont de plus en plus intéressés par sa création. Il reste donc un espoir pour la création de la plate-forme lors de l’Assemblée générale de l’ONU fin 2010. Mais ce n’est pas encore joué.

 

 



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