Giec 2: des relations délicates entre chercheurs et politiques

Le 02 avril 2007 par Claire Avignon
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Après le succès médiatique de la réunion du Giec 1 qui a eu lieu à Paris la semaine du 29 janvier, les experts scientifiques du monde entier se réunissent cette semaine pour débattre des conséquences, de l’adaptation et de la vulnérabilité aux changements climatiques (Giec 2). En espérant être mieux entendus par les politiques que lors de leur dernière réunion, en 2001.

Inondations et sécheresses, intensification des tempêtes, baisse des rendements agricoles, recrudescence du paludisme et de la dengue. Le dernier rapport du deuxième groupe de travail du Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec 2), publié en 2001, était déjà très alarmant sur l'avenir de la planète et les conséquences probables du réchauffement climatique. Le nouveau rapport, qui doit être rendu public vendredi 6 avril, devrait l'être tout autant, si ce n'est plus.

Les auteurs du Giec devront trouver un équilibre délicat, selon Jean-Pascal van Ypersele, vice-président du Giec 2 et chercheur belge à l'université catholique de Louvain: «Nous devons intéresser les politiques, mais nous ne devons pas nous mettre à leur place et leur dire ce qu'il faut faire. C'est là toute la difficulté.»

A l'heure actuelle, il apparaît loin d'être évident que les hommes politiques du monde entier, à qui les scientifiques rendent un «résumé à l'intention des décideurs», ne s'emparent concrètement du sujet du changement climatique. «C'est après les catastrophes comme la canicule de 2003 que les pouvoirs publics réagissent, pas après les rapports du Giec», estime Jean-Pascal van Ypersele, légèrement désabusé.

Certes, quelques avancées peuvent être notées en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). L'Union européenne a mis en place le système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE) et a récemment annoncé sa volonté de réduire ses rejets carboniques de 20% entre 2020 et 1990. «Mais il n'y a aucune cohérence dans les politiques menées pour protéger le climat», analyse Jean-Pascal van Ypersele. Le chercheur cite ainsi l'accord aérien sur le ciel ouvert signé le 22 mars et libéralisant les vols transatlantiques entre l'Union européenne et les Etats-Unis. «Tout le monde se réjouit de cet accord. Et pourtant, en baissant les prix des billets des avions, il augmentera le nombre de vols et les émissions de GES!», désespère le spécialiste du climat.

Quant aux conséquences, à l'adaptation et à la vulnérabilité liées au changement climatique –thème abordé par le Giec 2-, elles apparaissent encore plus discrètement dans les politiques publiques. Quelques timides progrès ont malgré tout été observés depuis 2001. La Commission européenne va bientôt publier un Livre vert sur l'adaptation à l'évolution du climat. En France, l'actualisation 2006 du Plan climat 2004-2012 prévoit un Plan national d'adaptation élaboré lors du 1er semestre 2007. Un maigre bilan pour l'Union européenne, qui est pourtant la région la plus impliquée dans le monde dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Un constat que tempère Claude Millier, président du conseil scientifique du programme de recherche «gestion et impacts du changement climatique», qui salue les avancées de certains pays comme l'Allemagne et les pays nordiques. «Pour la France, il est très difficile d'évaluer l'impact des recherches sur les politiques publiques, continue Claude Millier. Il est certain que les hauts fonctionnaires restent très peu à l'écoute de ce genre de choses. Toutefois, les responsabilités sont partagées: les résultats des chercheurs nécessitent un effort de traduction que tous ne font pas.»

De son côté, Michel Petit, membre de l'Académie des sciences et de la délégation française pour le Giec 2, avance une autre hypothèse: «Le réchauffement climatique aura probablement peu d'impacts en France», estime-t-il. Beaucoup moins en tout cas que pour certains pays émergents situés dans les régions tropicales et au niveau de la mer. Or, ces pays ont des moyens et des compétences restreints pour se protéger contre le réchauffement – lequel, selon les climatologues, aura lieu quelle que soit la politique de réduction des émissions de GES.




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