Gestion de l’eau: les trois défis de l’Europe

Le 27 novembre 2012 par Stéphanie Senet
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Dans un nouveau rapport, l'AEE rappelle les urgences
Dans un nouveau rapport, l'AEE rappelle les urgences
© Peter Kristensen / AEE

Alors que le Royaume-Uni affronte de nouvelles inondations, l’Agence européenne de l’environnement rappelle, dans un nouveau rapport, les trois problèmes majeurs que l’Europe doit traiter pour améliorer la qualité et la quantité de ses eaux.

La nouvelle publication de l’AEE s’ouvre une note d’optimisme: la qualité de l’eau s’est en effet améliorée au sein de l’Union européenne au cours des deux dernières décennies, notamment sous l’impulsion de la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines. Les teneurs en ammonium ont ainsi été réduites.

Mais c’est encore loin du compte. Plus de la moitié des eaux européennes n’atteignent pas encore un bon état écologique. Plus de deux tiers des lacs, des rivières et des eaux intérieures affichent carrément un mauvais état (voir JDLE).

L’état chimique est une autre source d’inquiétude pour l’Agence, qui déplore un quart des eaux souterraines en mauvais état, le plus souvent à cause des concentrations élevées en nitrates, issues des engrais agricoles.

Il faut ajouter les pressions exercées par l’hydromorphologie, c’est-à-dire les modifications de la forme et de la circulation des masses d’eau en raison des dragages, barrages, digues, prélèvements, etc. Celles-ci détruisent les habitats des espèces végétales et animales.

Selon l’AEE, le troisième problème concerne l’état quantitatif des eaux. Le changement climatique associé à la surexploitation de l’eau a en effet favorisé les inondations et les sécheresses.

Les inondations qui ravagent actuellement le Sud-Ouest de l’Angleterre et le Pays-de-Galles sont révélatrices de leur progression. Au niveau européen, plus de 325 inondations ont été relevées depuis 1980 dont plus de 200 depuis 2000.

Au final, les trois pressions principales exercées sur les eaux européennes sont directement liées aux systèmes agricoles ainsi qu’aux besoins en énergie, aux transports et à l’urbanisation.

Si la directive-cadre sur l’eau apparaît comme un bon repère aux yeux des auteurs (notamment son objectif d’un bon état des eaux d’ici 2015), la définition du «bon état» doit toutefois être précisée dans le détail. Ils recommandent d’inclure la notion de «flux écologique», c’est-à-dire le volume d’eau nécessaire à un écosystème aquatique pour qu’il puisse continuer à prospérer, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Autre recommandation à l’intention des décideurs politiques: la politique agricole commune ne peut faire l’impasse sur les retenues naturelles de l’eau, comme la restauration des zones humides et des forêts.

Grâce à de nouveaux instruments économiques, l’usage inutile de l’eau doit aussi être découragé. Enfin, l’information sur l’état des eaux doit être affinée. Le système d’information sur l’eau pour l’Europe (Water information system for Europe ou Wise), hébergé par l’AEE, nécessite une collaboration plus étroite avec les systèmes d’information des Etats membres, conclut le rapport.

http://www.eea.europa.eu/publications/european-waters-synthesis-2012



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