Gestion de l’eau: la couleur politique entre peu en ligne de compte

Le 28 février 2008 par Agnès Ginestet
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Station.Rivi
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A l’approche des élections municipales, des municipalités ou établissements de coopération intercommunale de gauche ont renégocié le prix de l’eau avec leurs délégataires. Le maire de Toulouse, de droite, a fait de même.

Bordeaux, Lyon, Paris, Toulouse: la gestion de l'eau figure parmi les priorités de certains maires ou présidents d'intercommunalité. A commencer par Bertrand Delanoë, le maire socialiste de Paris qui, en cas réélection, a annoncé qu'il créerait un service public de l'eau (1) au lieu de continuer à déléguer la gestion de l'eau à Suez et Veolia. L'élu socialiste Vincent Feltesse, président de la communauté urbaine de Bordeaux (Cub), a quant à lui proposé de baisser de 3,8% la rémunération de Lyonnaise des eaux, qui continuerait à gérer l'assainissement mais n'assurerait plus le risque lié au séchage des boues d'épuration.

A Lyon, c'est Gérard Collomb, maire socialiste candidat à sa propre succession aux élections et président de la communauté urbaine de Lyon qui a, en novembre 2007, annoncé une baisse du prix du mètre cube d'eau de 16%. Acceptée par les deux délégataires Veolia eau (ex-Compagnie générale des eaux), et SDEI (filiale de Lyonnaise des eaux), elle est effective depuis le 1er janvier.

La même démarche a été entreprise à Toulouse, où le maire apparenté UMP Jean-Luc Moudenc, lui aussi candidat, a proposé lors d'un conseil municipal en décembre de renégocier les tarifs du service de distribution d'eau potable avec Veolia, délégataire depuis 1990. L'une des listes électorales d'opposition, menée par le député du PS Pierre Cohen, propose le lancement immédiat d'un audit de la délégation de service, et les Verts de Midi-Pyrénées, dont certains figurent sur cette liste, sont favorables à une gestion en régie. Selon le secrétaire régional Stéphane Coppey, ils dénoncent une surfacturation jamais remise en cause par les maires de droite précédents, Dominique Baudis et Philippe Douste-Blazy. Le but serait donc de récupérer, de la part du délégataire et comme l'a fait la Cub en 2006, ce qui est considéré comme un trop-perçu.

La couleur politique des candidats ne semble pas avoir un rôle dans le choix du type de gestion des services de l'eau. Ainsi, les élus ayant signé en 2005 l'appel à une gestion publique de l'eau en Ile-de-France et demandé en novembre 2007 au Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) de réduire les prix de l'eau étaient majoritairement de gauche. Mais Christian Métairie, vice-président de la communauté d'agglomération du Val de Bièvre (Ile-de-France) ayant participé activement à ces deux initiatives, observe que des élus de droite s'interrogent aussi sur la gestion des services de l'eau et de l'assainissement.

Ce que confirme François Carlier, de l'association de défense des consommateurs UFC Que choisir: «Je ne sens pas de vrai clivage politique. Cela relève plutôt de la politique locale». Il cite ainsi l'exemple du maire UMP de Castres (Tarn) Pascal Bugis qui a rompu le contrat qui liait la ville à Lyonnaise des eaux et a municipalisé de nouveau la gestion de l'eau en 2004. A contrario, à Rennes, cette question a empêché la formation d'une liste commune entre le PS et les Verts, ceux-ci prônant une remunicipalisation de la gestion de l'eau, alors que le maire socialiste Edmond Hervé (non candidat à sa succession) a renouvelé en 2004 une délégation à Veolia.



(1) Voir l'article du JDLE «Régie ou délégation, le débat continue»

(2)  Voir l'article du JDLE «Prix de l'eau: des surfacturations notables»





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