GES: les entreprises plus au fait de leurs émissions indirectes

Le 12 avril 2016 par Romain Loury
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Le scope 3, 99% des émissions de Renault
Le scope 3, 99% des émissions de Renault

Le reporting carbone des grandes entreprises françaises s’améliore, a révélé mardi 12 avril le Réseau action climat (RAC). Elles sont de plus en plus nombreuses à faire part de leurs émissions indirectes de «scope 3», qui vont de l’achat de matières premières à l’utilisation des produits par le consommateur, en passant par les déplacements des salariés.

Si elles parviennent bien à intégrer dans leur rapport les émissions de scope 1 (directes) et de scope 2 (indirectes, associées à la production d’énergie nécessaire à leur activité), les entreprises se mettent progressivement à mieux évaluer celles de scope 3, dont la communication (reporting) n’est pas obligatoire.

Ces dernières comptent notamment «l’achat de matières premières, de services ou autres produits, les déplacements des salariés, le transport amont et aval des marchandises, les gestions des déchets générés par les activités de l’organisme, l’utilisation et la fin de vie des produits et services vendus, l’immobilisation des biens et équipements de production», énumère le RAC.

En moyenne, elles représentent le double des émissions de scope 1 et scope 2, parfois bien plus. Exemple, Renault, chez qui elles constituent 99% des émissions communiquées en 2014, l’utilisation des véhicules par les consommateurs constituant la principale source d’émissions. Chez Air France KLM, elles n’en constituent à l’inverse que 8%, la combustion de kérosène étant incluse dans les émissions directes (scope 1).

Bon reporting, mais peu d’objectifs

Or, selon l’analyse du RAC menée sur 20 grandes entreprises françaises, celles-ci font de plus en plus part de ces émissions indirectes dans leur rapport carbone. Toutes font un reporting sur au moins l’un des 16 postes du scope 3 en 2014, contre seulement 40% en 2011. Le nombre de postes communiqués est passé de 3 à 6 entre 2011 et 2014, et 42% d’entre elles font désormais du reporting sur 9 à 11 postes.

En termes d’action, le bilan est plus mitigé: 8 de ces entreprises (BNP Paribas, Cap Gemini, Carrefour, Crédit Agricole, Danone, Renault, Schneider Electric et Société Générale) ont mis en place un objectif de réduction des émissions sur au moins un poste du scope 3, dont une seule (Danone) sur un poste jugé «pertinent» par le RAC. Et aucune d’entre elles «ne justifie l’ambition de leur objectif avec une trajectoire climatique», note-t-il.

Parmi les entreprises qui, selon le RAC, ne se sont pas fixé d’objectifs de réduction des GES de scope 3, figurent Air France KLM, EDF, Engie, Lafarge, L’Oréal, Sanofi, Veolia, Total et Suez Environnement.

Le RAC se dit «en faveur de rendre le scope 3 obligatoire sur les postes les plus pertinents aussi rapidement que possible -afin de permettre aux entreprises soumises à cette règlementation d’avoir une vision complète des émissions indirectes nécessaires à leurs activités en France et de leur faire explorer des pistes de réduction adaptées à la situation locale (par rapport à une stratégie définie au niveau d’un groupe de façon trop imprécise)».



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