Géothermie: l’Ile de France toujours pionnière

Le 30 janvier 2006 par Ludivine Hamy
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

L’un des premiers réseaux de géothermie français, qui dessert 20.000 foyers (soit l’équivalent de 45.000 personnes) sur les communes de L'Haÿ-les-Roses et Chevilly-LaRue (Val-de-Marne), vient de fêter ses 20 ans. L’occasion de faire le point sur la géothermie en France.

Le principe de la géothermie consiste à extraire l'énergie contenue dans le sol pour l'utiliser sous forme de chauffage ou d'électricité. L'une de ses principales applications concerne le chauffage des bâtiments, soit de façon centralisée par le biais de réseaux de chaleur, soit de façon plus individuelle par le biais de pompes à chaleur couplées à des capteurs enterrés. Aujourd'hui, l'Ile de France concentre 80% des réseaux de chaleur alimentés par géothermie. Cette situation s'explique à la fois par la qualité de la ressource (eau chaude entre 70 et 80°C) et par la forte densité d'utilisation en surface (forte densité urbaine). Les premières opérations de géothermie en Ile de France datent des années 80 (1981-1987), le réseau le plus ancien étant celui de Melun (1969).

La société d'économie mixte Semhach, dispose de 34 puits de production en région parisienne, le Val de Marne faisant figure de département pilote avec 16 puits. «Grâce à notre réseau de L'Haÿ-les-Roses, Chevilly-Larue, Villejuif, nous pouvons affirmer avoir évité 45.000 tonnes de gaz à effet de serre par an, soit l'équivalent de la pollution de 14.000 voitures, déclare Michel Andrès, directeur général de Semhach. Cela fait donc plusieurs années déjà que nous respectons l'objectif fixé à Kyoto pour 2025.» Plus largement, la géothermie permet de chauffer chaque année quelque 150.000 logements en Ile de France, évitant ainsi l'équivalent de la pollution de 125.000 voitures. Sur les communes de L'Haÿ-les-Roses, Chevilly-Larue, Villejuif, la chaleur issue de la terre est diffusée à 50% dans des logements sociaux, à 20-25% dans des copropriétés, à 15-20% dans des équipements publics (collèges, écoles, gymnases…), le reste allant au secteur industriel. Le 1er février, un site de recherche du groupe l'Oréal sera ainsi raccordé au réseau de chaleur de Semhach.

La géothermie présente donc de sérieux avantages écologiques. Pour autant, son développement apparaît encore limité. «Le prix très bas de l'énergie fossile a été pendant longtemps un frein à notre compétitivité, explique Michel Andrès. En outre, la géothermie exige des investissements très lourds qui sont difficiles à rentabiliser à court terme.» Autre argument de taille: la géothermie, comme bon nombre d'énergies renouvelables, est soumise à une TVA à 19,6%, contre 5,5% pour les énergies fossiles. Les acteurs de la géothermie luttent ainsi depuis plusieurs années, au sein de l'association Amorce, pour l'application d'une TVA réduite aux réseaux de chaleur. La question, au coeur des débats du Conseil Ecofi du 24 janvier, relatif à la révision de la directive 1977/388 sur la TVA, n'est toujours pas tranchée, en l'absence de réponse de la Pologne sur le dossier. Dernière nouvelle en date : le 30 janvier au matin, l'Autriche, présidente en exercice de l'Union européenne, a accordé à la Pologne un délai supplémentaire pour se prononcer sur un projet de compromis sur la TVA à taux réduit. L'avenir de la géothermie est donc encore indéfini.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus