GDF Suez à la recherche de gaz de schiste made in UK

Le 23 octobre 2013 par Marine Jobert
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Des opposants britanniques au gaz de schiste sur leur territoire.
Des opposants britanniques au gaz de schiste sur leur territoire.
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Gaz de France-Suez traverse le Channel pour s’asseoir à la table du gaz de schiste. L’entreprise a acquis, pour une somme de 12 millions de dollars (8,7 millions d'euros), 25% des licences jusqu’ici détenues par le groupe australien Dart Energy, dans le bassin de Bowland (nord de l’Angleterre). Le groupe participera également aux coûts de prospection, à hauteur de 27 M$ (19,6 M€), dans une zone couvrant 1.378 kilomètres carrés. Cet accord inclut aussi la fourniture de services par GDF Suez et sa filiale Suez Environnement dans la gestion des eaux, la fracturation hydraulique étant un gros consommateur et pollueur d’eau.

«Dans le cadre du programme initial des travaux, les partenaires prévoient de forer plusieurs puits d'exploration, avec jusqu'à 4 puits ciblant le gaz de schiste dans différentes régions du bassin de Bowland et plusieurs autres puits ciblant le gaz de houille», a expliqué GDF Suez dans un communiqué. La phase d'exploration devrait durer jusqu'en 2016 et la mise en production, si elle a lieu, interviendra à la fin de la décennie, estime l'énergéticien franco-belge.

 

Accord oublié avec Schuepbach Energy

GDF-Suez n’en est pas à sa première tentative de croquer le gâteau des hydrocarbures non conventionnels: l’entreprise[1] était en passe de finaliser un accord avec le Texan Schuepbach Energy, titulaire d’un permis en Aveyron, quand la fronde anti-gaz de schiste a démarré dans le sud-est du pays. Plutôt que de risquer ses finances et son image dans un projet controversé, le groupe présidé par Gérard Mestralllet a prudemment tourné les talons et a joué profil bas tout au long des débats enfiévrés qui ont saisi la France avant le vote de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique.

 

Porte toujours entrouverte

Lors de ses prises de paroles publiques, Gérard Mestrallet n’a pourtant jamais caché son appétence pour ce «facteur de compétitivité», créateur d’emplois». «Il ne faut pas a priori fermer la porte pour toujours à l'exploitation de cette ressource, cela serait une erreur majeure», expliquait-il au lendemain de l’abrogation de trois permis de gaz de schiste en octobre 2011. Plusieurs pays étaient dans le collimateur de l’opérateur historique tricolore, dont l'Allemagne, la Pologne, le Brésil, l'Algérie et la Chine. C’est finalement la Grande-Bretagne qui l’a emporté.

 

Etat actionnaire contre loi nationale

L’Etat français est détenteur à 36,7% de GDF-Suez. De là à ce que l’Etat, dans ses habits d’actionnaire, ne se sente pas lié par ses engagements nationaux (loi Pope et interdiction de la fracturation hydraulique), européens (paquet Climat-Energie) et internationaux, il n’y a qu’un pas qui semble avoir été allègrement franchi en passant le Channel.

 



 



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