GB : Les déchets, une industrie dangereuse

Le 19 octobre 2004 par Claire Avignon
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L'industrie des déchets connaît quatre fois plus d'accidents du travail que la moyenne en Grande-Bretagne. Même si ce secteur apparaît relativement jeune et en pleine expansion, il souffre d'une gestion obsolète de la sécurité et d'un manque de formation.

Le secteur des déchets est l'industrie la plus dangereuse de Grande-Bretagne, devant le BTP et l'agriculture. Un rapport du Health and safety executive (HSE), l'inspection du travail britannique, a comptabilisé quatre fois plus d'accidents que la moyenne nationale, et surtout 10 fois plus d'accidents mortels. Plusieurs paramètres expliquent ces chiffres. Le pays connaît actuellement une restructuration de sa gestion des déchets, contrôlée jusqu'ici par les communes. Le système se privatise. Quatre sociétés qui naissent de fusions et d'acquisitions de PME dominent désormais le marché britannique: Sita UK (groupe Suez environnement), Biffa waste, Onyx (groupe Veolia environnement) et Shanks group. Le chiffre d'affaires total du secteur des déchets représente 6 milliards d'euros. Le nombre d'accidents a néanmoins diminué ces dernières années car ces entreprises mettent l'accent sur la formation et la communication.

Cependant les avancées ne peuvent être que progressives. Les PME regoupées n'avaient pas mis en place de réelle politique de santé et de sécurité. Les entreprises nées des fusions doivent donc mettre en place de nouvelles procédures ou modernisées les procédures existantes. Certaines phases de la gestion des déchets sont particulièrement dangereuses. La collecte des déchets, le chargement/déchargement et le transfert sur site occasionnent la majorité des accidents. Les employés sont principalement victimes de chutes, de glissades, de pertes d'équilibre, qui entraînent des entorses et des foulures. Les conditions météorologiques sont un facteur de risque supplémentaire puisque la plupart des étapes se déroulent à l'extérieur. Par exemple, une température élevée décourage les rippeurs ne portent pas de vêtements visibles, pourtant essentiels à leur sécurité en cas de température élevée. Les travailleurs du secteur apparaissent en fait peu motivés par leur emploi qui associe selon le rapport «poussières, mauvaises odeurs et verre cassé».

Les métiers du déchet pâtissent au Royaume-Uni d'une mauvaise image auprès du public. Cela constitue un facteur de stress supplémentaire pour les salariés et freine l'adhésion à une politique de santé et de sécurité. Le rapport regrette d'ailleurs le manque de culture de sécurité dans les entreprises de déchets. L'inspection du travail estime que l'augmentation de la production des déchets et les directives européennes vont nécessiter 50.000 postes supplémentaires dans les prochaines années. Cela représente presque un tiers de plus que les 163.000 travailleurs actuels. Selon le rapport, il serait judicieux de recruter un personnel qui veut "sauver la planète". Car les Britanniques n'associent toujours pas l'industrie des déchets à la "protection de l'environnement". En attendant les résultats d'une politique à long terme, le HSE vient de mettre en ligne un nouveau site sur la santé et sécurité dédié aux acteurs de la gestion des déchets.


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