Gaz de schiste: un chercheur américain accusé de conflit d’intérêts

Le 30 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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La fracturation hydraulique, technique néfaste aux nappes phréatiques?
La fracturation hydraulique, technique néfaste aux nappes phréatiques?

Il est l’auteur d’un rapport favorable à la fracturation hydraulique, seule technique connue pour rendre possible l’extraction du gaz de schiste du sous-sol. Charles Chip Groat, directeur adjoint de l'Institut de l'énergie à l'université du Texas expliquait, en février dernier, à la conférence annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS) n'avoir trouvé aucune indication directe que le «fracking» contamine les nappes d'eau souterraines.

Or une association révèle que le professeur de l'université du Texas aurait des intérêts financiers dans l'industrie.

Dans son rapport, l’universitaire expliquait également que, selon ses travaux, «de nombreux cas de contamination résultent d'erreurs de traitement des eaux usées en surface provenant du forage mais pas du fracking en tant que tel». En outre, le professeur affirmait devant la presse que son université avait refusé tout financement de l'industrie.

L’enquête menée par le groupe à but non lucratif «Public Accountability Initiative» (PAI) révèle que le professeur du Texas a été membre du conseil d'administration du groupe énergétique texan Plains Exploration and Production Company, pendant plusieurs années. Il a aussi été payé plus de 400.000 dollars (327.000 euros) en 2011 et détient une participation de 1,6 M$ (1,3 M€) dans le capital de la société, selon PAI.

Les autorités de l'université du Texas ont indiqué ce week-end avoir ouvert une enquête. Quant à l'auteur de l'étude, Charles Chip Groat, il n'a en revanche pas répondu aux sollicitations des journalistes.

La fracturation hydraulique, ou «fracking», est une technique controversée pour extraire du gaz naturel du sous-sol, car elle est très consommatrice d’eau et utilise un cocktail de produits chimiques dont certains sont particulièrement toxiques.

Aux Etats-Unis, plus de 3.000 forages ont été effectués en Pennsylvanie (dans l’est du pays) ces 6 dernières années et 15.000 dans le nord du Texas, selon l'industrie.

Mais face aux risques et incertitudes suscités par cette technologie et dénoncés par les groupes de protection de l'environnement, plusieurs Etats, dont celui de New York, ont suspendu par précaution les autorisations de forage.

La fracturation hydraulique demeure, jusqu’à présent, interdite en France.

 



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