Gaz de schiste ou eau, il faudra choisir

Le 04 septembre 2014 par Romain Loury
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La Chine limitée par son eau
La Chine limitée par son eau
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Abondamment dotés en gaz de schiste, la Chine, le Mexique et l’Afrique du Sud pourraient avoir bien du mal à l’extraire, en raison d’un trop grand manque en eau. Selon un rapport du World Resources Institute (WRI), 38% des ressources mondiales pourraient être concernées par ce problème d’aridité.

Avec des réserves estimées à 1,1 million de milliards de mètres cubes exploitables, la Chine est incontestablement l’un des champions mondiaux du  gaz de schiste, une ressource gigantesque qu’elle a commencé à exploiter. Pas de chance, selon l’étude du «think tank» WRI, la première à évaluer au niveau mondial la disponibilité en eau des gisements potentiels: 61% des ressources chinoises sont situées dans des zones très sèches, voire arides.

Or sans eau, pas de fracturation hydraulique. Une mauvaise nouvelle de plus pour l’empire du milieu , qui table beaucoup sur le gaz de schiste: fin août, le pays a revu à la baisse ses objectifs de production d’ici à 2020, de 60 à 30 milliards de m3/an.

Selon le WRI, plusieurs pays, que l’on croyait très gâtés en précieuses molécules, éprouveront ainsi les plus grandes difficultés à exploiter leurs gisements. Le Mexique souffre du même syndrome que la Chine, avec également 61% de ses 545.000 milliards de m3 situés dans des zones très sèches à arides. Au final, 8 des 20 pays possédant le plus de gaz de schiste sont touchés par le phénomène : outre la Chine et le Mexique, y figurent l’Afrique du Sud, la Libye, le Pakistan l’Egypte et l’Inde.

L’Argentine et l’Australie, sans stress

D’autres s’en sortent au contraire très bien: l’Argentine compte 802.000 milliards de mètres cubes, en situation de stress hydrique faible à moyen. Ironie du sort, l’Australie, pays pourtant aride, a la chance de compter ses 437.000 milliards de m3 dans des zones à faible stress hydrique.

Selon le WRI, les ressources françaises se situent pour la plupart en zones de stress hydrique faible à moyen, comme le Canada, la Pologne, l’Ukraine et le Canada. Mieux que les Etats-Unis, à stress hydrique moyen à élevé, mais moins bien que la Russie, à stress hydrique faible.

Autre écueil à l’exploitation, le fait que 386 millions de personnes vivant au-dessus de ces gisements de gaz de schiste: pour 40% d’entre eux, l’irrigation agricole constitue l’usage principal d’eau. «Le forage et la fracturation hydraulique vont ainsi entrer en compétition avec d’autres besoins en eau, au risque de conflits», juge le WRI.



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