Gaz de schiste : le flou demeure en France

Le 31 janvier 2011 par Célia Fontaine
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De plus en plus de voix s’élèvent contre les autorisations de prospection de gaz de schiste en France. Dernier exemple en date, le président de la région Midi-Pyrénées a demandé le 28 janvier au gouvernement de suspendre ces autorisations en Aveyron et dans le Lot.

La plupart des projections montrent que la demande mondiale d’énergie va fortement progresser au cours des prochaines décennies. Le monde va consommer de plus en plus de charbon et de gaz, naturel et non conventionnel (dans le JDLE).

La France possède d'importantes réserves de gaz naturel, situées non pas dans des poches souterraines classiques mais dans les couches de schistes, argiles imperméables, des veines de charbon ; des gisements qui se trouvent à des profondeurs dépassant le kilomètre. Autrefois inatteignables, ces gaz de schiste, de charbon, ou ce gaz compact sont aujourd’hui à portée de derrick, grâce au progrès technique (forage avec fracturation hydraulique).

Hélas, les procédés mis en œuvre pour extraire ces gaz non conventionnels ne sont pas neutres pour l’environnement. Le volume d’eau nécessaire au forage et à la fracturation hydraulique d’un puits de gaz de schiste est compris entre 10.000 et 20.000 mètres cubes. De plus, pour améliorer ses performances, on ajoute des additifs chimiques toxiques au mélange d’eau et de sable injecté sous terre. En partie remontée en surface, l’eau doit ensuite être épurée du sable, des minéraux et des produits chimiques utilisés lors de la fracturation, ce qui peut contaminer les nappes phréatiques (dans le JDLE).

Depuis que l’ancien ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo a signé en mars 2010 trois arrêtés autorisant la prospection de ces gaz[1] dans une partie des départements de l'Hérault, de l'Aveyron, de la Lozère, de l'Ardèche et de la Drôme, les contestations se font nombreuses.

Le député européen José Bové a lancé en novembre 2010 une « alerte au gaz de schiste » et s'est déclaré favorable à un gel de l'exploration. Il a invité les opposants à se réunir dans quelques semaines à Valence.

Dans un communiqué du 31 janvier, le président de la région Midi-Pyrénées Martin Malvy s’étonne que l’autorisation de prospection en Aveyron, à Nant, ait été délivrée « sans aucune concertation préalable, ni avec les élus locaux, ni avec les populations ». Il souligne les risques pour l’environnement et le comportement « inadmissible » du gouvernement et demande la suspension des autorisations.

Le président de la région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne, prenant en compte l'inquiétude des riverains, a lui aussi récemment demandé l'annulation des permis.

Selon le quotidien Les Echos du 28 janvier, le géant Total serait à la recherche de partenaires pour explorer et exploiter un site à haut potentiel de production de gaz de schiste dans le sud-est de la France. La zone couverte par le permis, obtenu en 2010, est de 4.300 kilomètres carrés et pourrait contenir des ressources allant jusqu'à 2.380 milliards m3 de gaz, soit 10 ans de consommation française dans l'hypothèse la plus pessimiste...

La ministre en charge de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré le 26 janvier dernier qu’il n’était pas question pour la France d'exploiter le gaz de schiste avec des techniques dangereuses pour l'environnement et destructrices, comme c'est le cas aux Etats-Unis. Mais elle a ajouté qu’un moratoire n'était pas possible, le code minier ne le permettant pas.



[1] Des permis d’exploration ont été accordés à Total, GDF-Suez et à la firme américaine Schuepbach Energy LLC.



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