Gaz de schiste: la Roumanie veut un moratoire, en Afrique du Sud il se termine

Le 04 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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La Roumanie change d'avis sur les gaz de schiste.
La Roumanie change d'avis sur les gaz de schiste.

Selon un document officiel rendu public aujourd’hui 4 mai à Bucarest, le programme économique du nouvel exécutif roumain propose l'institution immédiate d'un moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste.

Le précédent gouvernement, de centre-droit, renversé la semaine dernière par une motion de censure, avait donné son feu vert à l'exploration des hydrocarbures non conventionnels, espérant obtenir ainsi l'indépendance énergétique du pays face à la Russie.

L’arrivée d’un nouveau gouvernement change donc la donne. Le moratoire voulu par l’équipe dirigée par Victor Ponta, un social-démocrate, risque d'affecter les projets du groupe américain Chevron en Roumanie. Une équipe qui souhaite également repenser le système de redevances et de taxation de l'exploitation des ressources, en accord avec les prévisions communautaires.

Un rapport de l'agence américaine d'information sur l'énergie estime que les ressources de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Hongrie totaliseraient 538 milliards de mètres cubes de gaz de schiste.

Le moratoire, prévu jusqu'à la finalisation des études européennes en cours sur l'impact environnemental de la fracturation hydraulique, représente un coup dur pour le pétrolier américain. Chevron dispose en effet de 4 périmètres d'exploitation dans l'est et le sud-est du pays et prévoit le début des forages d'exploration sur l'un d'entre eux au second semestre 2012.

Au mois de janvier, la Bulgarie a retiré à la compagnie américaine, sous la pression d'organisations écologistes, l'autorisation d'explorer du gaz de schiste dans le pays.

L’Afrique du Sud, quant à elle, voit son moratoire sur les gaz de schiste arriver à échéance (voir JDLE). Le 2 mai, Nosipho Ngcaba, une responsable du ministère de l'environnement sud-africain, a déclaré que l'exploration des gaz de schiste dans le Karoo, vaste région aride du centre de l'Afrique du Sud, «pourrait valoir la peine à condition qu'elle soit très contrôlée». Avant d’ajouter: «Il doit cependant y avoir une compréhension claire des technologies qui seraient utilisés pour extraire le gaz de schiste».

«Il doit être bien compris que l'extraction par fracture de la roche exigerait une énorme quantité d'eau. Or le Karoo est une région sèche», a complété la représentante du ministère.

Soumises à un intense lobbying de plusieurs compagnies, notamment Shell, les autorités sud-africaines ont déclaré un moratoire sur toutes les demandes de permis d'exploration, en attendant les résultats d’une étude sur l’impact de cette activité sur le milieu naturel. Début 2011, une commission d'étude interministérielle a donc été mise en place. Elle soulignait la nécessité d'éviter la contamination des ressources en eau douce du Karoo. Les conclusions de l’étude d’impact devaient être publiées fin mars, mais elles ont été retardées.

Les propriétaires terriens du Karoo et les défenseurs de l'environnement sud-africains craignent la pollution des nappes phréatiques.

 



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