Gaz de schiste: la fronde des petits propriétaires canadiens

Le 09 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Plus de 20.000 propriétaires fonciers de la vallée du Saint-Laurent (Canada) ont décidé d’interdire à l'industrie du gaz de schiste l'accès à leurs terrains.

La loi canadienne sur les mines prévoit en effet qu’une entreprise doit obtenir le consentement du propriétaire foncier pour avoir accès à son terrain et y faire des travaux d’exploration. En adressant aux entreprises gazières une lettre-type fournie par les associations anti-gaz de schiste, ils ont voulu signifier leur veto.

Les regroupements d'opposants sont fiers d'avoir accompli cet imposant travail de collecte de signatures en quelques mois. «C'est une opération majeure, unique, c'est du jamais vu», déclare Serge Fortier, un des porte-parole du regroupement inter-régional sur les gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL), dans une interview accordée à La Presse Canadienne. «Certains considèrent que c'est une opération titanesque. C'est une initiative citoyenne, payée par des citoyens bénévoles, qui font du porte-à-porte

Selon lui, l'adhésion des propriétaires au mouvement illustre clairement la non-acceptabilité sociale de la filière gazière au Québec, en dépit de ce que le gouvernement ou l’industrie pétrolière prétendent. «Le gouvernement 'se pète les bretelles' en disant que la majorité des gens sont pour le gaz de schiste parce qu'on ne les entend pas parler. [...] Mais on prouve sur le terrain que ce n'est pas vrai

Ainsi, chaque fois qu'un propriétaire signe une lettre, les militants anti-gaz de schiste colorent les lots concernés sur une carte de cadastre. «On a des cartes colorées jusqu'à 80%», affirme Serge Fortier.

«Si certaines zones sont moins colorées, c'est tout simplement que les militants n'ont pas pu encore étendre les opérations de signature dans ces secteurs», soutient-il. Les opposants souhaiteraient recueillir l'appui d'au moins 25.000 propriétaires fonciers de la Vallée du Saint-Laurent.
 
L’industrie pétrolière canadienne considère quant à elle que cette lettre ne fait que rappeler l’état de fait actuel: l’industrie doit obtenir le consentement du propriétaire et le dédommager. Mais selon elle, il est facile de contourner les réticences des propriétaires réfractaires en allant voir leurs voisins plus réceptifs.
 
«Nous sommes capables d'aller chez un deuxième ou un troisième voisin et atteindre les mêmes ressources. Le schiste est une couche de roche qui s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres. Il y a plusieurs possibilités (d’y accéder)», explique Stéphane Gosselin, le porte-parole de l’association pétrolière et gazière du pétrole (APGQ).
 
 


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