Gaz de schiste: la colère internationale monte

Le 13 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bon nombre d'Américains ne veulent plus de fracturation hydraulique.
Bon nombre d'Américains ne veulent plus de fracturation hydraulique.

Royaume-Uni, Etats-Unis, France, l’utilisation de la fracturation hydraulique fait toujours débat.

Eldorado énergétique pour les compagnies gazières, l’exploitation des gaz non conventionnels suscite une angoisse certaine chez ceux qui sont appelés à vivre —volontairement ou non— à proximité des forages. En début de semaine, une réunion d’information avec les dirigeants Cuadrilla a failli virer au pugilat avec les habitants de Balcombe. Dans ce paisible village du Sussex, personne ne veut vivre à l’ombre des derricks, dans la hantise de la terre qui tremble (c’est arrivé à Blackpool à quelque 400 kilomètres de là) ou d’une nappe phréatique devenue impropre à tout usage.
 
Sur l’autre rive de l’Atlantique, la contestation de l’omnipotence des foreurs se fait jour. Après trois ans de moratoire, l’Etat de New York envisage d’autoriser à nouveau l’utilisation de la fracturation hydraulique dans les forages d’exploration de gaz de schiste. Albany a donc élaboré une nouvelle réglementation qui a été soumise à la concertation. Avec raison. Pas moins de 20.000 commentaires ont été adressés au ministère local de la protection de l’environnement (DEC). Un chiffre rarement vu dans une consultation publique de ce genre. S’ils craignent essentiellement de voir se dégrader la qualité de leur eau, les habitants du State Empire ne veulent pas non plus que leur région ressemble à la Pennsylvanie, où l’on recense près de 200.000 forages.
 
Chez les médecins aussi, des voix commencent à s’élever. Lors d’une récente conférence sur cette technique controversée, Jerome Paulson (école de médecine de l’université George Washington de Washington) a appelé les compagnies gazières à financer une fondation pour étudier les conséquences sanitaires de la fracturation hydraulique. Adam Law, un endocrinologue de l’école de médecine Weill Cornell de New York estime, lui, qu’il faut imposer un moratoire sur l’hydrofracturation dans les zones habitées, le temps que la question des effets sur la santé soit tranchée. Une proposition soutenue par Jerome Paulson, dont les études sont financées par l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) et par les centres fédéraux pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC)
 
Cette demande s’appuie notamment sur le fait que l’EPA a confirmé, il y a quelques semaines, que des nappes phréatiques du Wyoming avaient très probablement été contaminées par des glycols, du benzène et du méthane des forages de gaz de schiste situé à proximité[JDLE]. Dans l’Ohio, des géologues des CDC ont aussi détecté du méthane dans des nappes phréatiques à des concentrations proches de la limite d’explosivité.
 
Les inquiétudes se renforcent alors que la presse spécialisée américaine se fait régulièrement l’écho de nouvelles techniques de fracturation hydraulique. Les géants du parapétrolier, Schlumberger, Halliburton, Baker Hugues testent depuis quelques mois des dispositifs permettant de faire éclater des roches plus dures ou d’extraire davantage d’hydrocarbures qu’avec les techniques classiques de fracturation.
 
En France, comme souvent en matière énergétique, le débat risque de voler bien bas. Le 17 janvier, pour protester contre le colloque annuel sur l’énergie du député François-Michel Gonnot (au cours de laquelle une table ronde sera consacrée à l’exploration en Europe des gaz de schiste), diverses organisations écologistes et anti-gaz de schiste organisent un «contre-colloque», à quelques centaines de mètres de là. En réponse, le député UMP, par ailleurs président du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, assimile, sur son blog, ses contradicteurs à des «terroristes».
 
 


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