Gaz de schiste: l’opposition se durcit en Europe

Le 02 août 2013 par Marine Jobert
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Sur le site de Balcombe, dans le Sussex.
Sur le site de Balcombe, dans le Sussex.

L’opposition au gaz et au pétrole de schiste a pris un tour plus concret ces dernières semaines dans trois pays européens. En Grande-Bretagne, en Pologne et en France, des projets de forage ont suscité des réactions de blocage, d’occupation ou de protestation d’une intensité jusqu’ici inédite. Tour d’horizon.

En Pologne, bras de fer entre Chevron et des paysans

Depuis deux mois, le pétrolier américain Chevron a réinstallé camions et personnels dans deux petites communes rurales (Zurawlow et Rogow) à l’extrême nord-est de la Pologne (à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne) pour faire valoir des droits sur des parcelles dont le sous-sol recèlerait du gaz de schiste. Les habitants contestent la validité des autorisations invoquées. Le site Occupy Chevron relate les événements en cours sur le site –délégations d’élus, prières, renforts de citoyens, intimidations de Chevron- et la situation semble s’enliser. Chaque partie filme abondamment l’autre. Et Cracovie laisse pourrir la situation.

 

En Grande-Bretagne, les forages exploratoires ont recommencé

En Europe, c’est la première confrontation physique un peu musclée entre la police et les opposants au gaz de schiste. La semaine dernière, des activistes ont planté leurs tentes et déployé des banderoles autour du site de Balcombe (Sussex), où l’entreprise Cuadrilla s’apprêtait à mener des forages exploratoires. La Grande-Bretagne a déjà connu des déconvenues avec le gaz de schiste. Mais le soutien du gouvernement semble désormais assuré, notamment via des exemptions fiscales. Les inquiétudes quant aux séismes provoqués par la fracturation hydraulique sur le site de Blackpool (Lancashire) -opéré par Cuadrilla- semblant dépassées, l’exploration a logiquement repris. Les opposants auront réussi à retarder de quelques jours les forages, mais guère plus. Les forages ont débuté ce 2 août, rapporte The Guardian, et devraient durer jusqu’à la fin du mois de septembre.

 

En France, appel à manifester contre un forage en Seine-et-Marne

Les collectifs opposés à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste appellent à manifester samedi 3 août à Jouarre (Seine-et-Marne) devant la plate-forme d’exploration pétrolière érigée par l’entreprise Hess Oil, qui doit débuter des travaux très prochainement. Les opposants assurent que sous couvert de cartographier le sous-sol du Bassin parisien -qui court de l'est de la capitale aux abords de l'Alsace- l’entreprise américaine voudrait «mettre un pied dans la porte et passer à la fracturation hydraulique si la loi devait changer à nouveau», explique une opposante à l’AFP. Certains des permis délivrés à Hess Oil –et ceux qu’elle a rachetés depuis- avant la loi du 13 juillet 2011 interdisant l’usage de la fracturation hydraulique avaient donné lieu au dépôt de dossiers techniques de la part de l’industriel. «Les sociétés pétrolières ne se cachaient pas, lors de l’obtention de leurs permis d’aller chercher des huiles de schiste. Comment pourrait-il en être autrement aujourd’hui?», demande Jane Buisson, présidente d’une association environnementale locale.

 

L’entreprise américaine, dont certains des membres du conseil d’administration sont issus de l’ère Bush et fils, fait valoir qu’un groupe coté ne risquerait pas des millions sur un projet bloqué par l’interdiction de la fracturation. En cartographiant la zone, l’industriel espère «tomber sur du pétrole et rentabiliser l'investissement initial de 45 millions d'euros, puis 12 à 15 M€ par forage exploratoire, dont deux ont été réalisés», explique Bertrand Demont, le président d’Hess France. Ces travaux exploratoires, qui impliquent des forages à 3,5 km de profondeur, ont fait l'objet d'une procédure de déclaration sans étude d'impacts et sans enquête publique, ainsi que le prévoit le Code minier. L’assujettissement à ce régime de déclaration vient d’être annulé par le Conseil d’Etat, en raison des risques graves que ces travaux présentent pour l'environnement, ouvrant la voie à un contentieux massif contre tous les récépissés d’autorisation délivrés par les préfectures. «Conformément à cette jurisprudence, les arrêtés préfectoraux de Seine-et-Marne du 12 octobre 2010 et du 22 juin 2012, ainsi que ceux du 10 août 2012 (pour les travaux à Nonville, Sourdun, Chartronges et Saint-Mars-Vieux-Maison) doivent être déclarés illégaux», estime France Nature Environnement dans un communiqué.

 

 



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