Gaz de schiste: Jean-Marc Ayrault met de l'eau dans le gaz

Le 23 août 2012 par Geneviève De Lacour
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Le leader d'EELV fustige le lobbying des industriels.
Le leader d'EELV fustige le lobbying des industriels.
EELV

En marge des journées d'été d'Europe Ecologie-les Verts qui se tiennent actuellement à Poitiers (Vienne), Pascal Durand, secrétaire national du parti a vivement réagi hier 22 août à la déclaration du Premier ministre sur l'exploitation des gaz de schiste. Dans la matinée, Jean-Marc Ayrault affirmait en effet que «le débat sur le gaz de schiste n'est pas tranché» (voir JDLE).

Le leader écologiste a qualifié hier de mensonge éhonté, imputé à certains groupes pétroliers, qu'on puisse laisser croire que la prospection de gaz de schiste est possible sans fracturation hydraulique.

De son côté, la ministre de l'écologie Delphine Batho, également présente aux journées d'été d'EELV, a précisé le 22 août lors d'une plénière intitulée «Quel modèle énergétique pour le XXIe siècle»: «Je me prononce en fonction de ce qui existe. Actuellement la fracturation hydraulique est la seule technique qui existe et il est avéré que c'est une technique qui pose problème».

«Je pense que la transition énergétique, ce n'est pas d'aller chercher de nouveaux hydrocarbures», a-t-elle ajouté sous les applaudissements. Mais l’élue de la deuxième circonscription des Deux-Sèvres n’exclut pas que le débat puisse être ouvert «si de nouvelles techniques existaient».

«Que le débat ne soit pas tranché, c'est vrai puisque la conférence environnementale [prévue le 14 septembre, ndlr] ne s'est pas tenue», explique pour sa part Pascal Durand, avant de préciser: «C'est un faux débat parce qu'il y a une totale volonté de désinformation de la part d'un certain nombre de groupes pétroliers qui essayent de faire croire qu'on pourrait aller sur la prospection du gaz de schiste sans passer par la fracturation hydraulique, ce qui est un mensonge éhonté».

«Il n'y a actuellement, nulle part dans le monde, dans aucun labo de recherche, la capacité d'aller fracturer (...) les minéraux pour aller chercher les gaz de schiste en dehors du procédé de fracturation hydraulique», a-t-il insisté.

«Vous croyez que le gouvernement cède à des intérêts pétroliers? Non, a répondu Pascal Durand, mais on a des groupes industriels qui parfois, dans une logique de pur profit, sont prêts à mentir pour essayer de pouvoir continuer dans cette logique.»

«Donc je dis simplement, et je préviens Jean-Marc Ayrault, que le débat aura lieu s'il veut qu'il y ait un débat sur la question des gaz de schiste, mais qu'en l'état des connaissances scientifiques, il n'y a aucune capacité ni faculté de ne pas passer par la fracturation hydraulique qui est interdite dans ce pays et il a dit qu'il ne reviendrait pas là-dessus.»

Reste que des alternatives techniques sont néanmoins déjà mises en oeuvre par les pétroliers: comme la fracturation hydraulique au propane par exemple. Technique dont les avantages sont nombreux: pas d’eau nécessaire, absence de remontées de polluants (hormis du radon), et des «temps de clean-up du forage réduits», estime la commission nationale sur les gaz de schiste, mise en place par le précédent gouvernement. Mais la technique possède un désavantage majeur: l’inflammabilité du propane! Si plus de 1.000 forages ont utilisé cette technique à ce jour, «les problèmes de sûreté des installations de surface empêchent d’envisager une diffusion significative de la technique à l’échelle internationale», note le rapport sur les techniques d’exploitation des gaz de schiste réalisé par la commission et publié en catimini le 22 mars dernier (voir JDLE).

Autre technique: l’électro-fracturation. Elle est utilisée pour améliorer la perméabilité de la roche en envoyant un train d’ondes acoustiques générées par une série de décharges électriques. Total a déposé, en mars 2011, deux brevets relatifs à cette technique qui reste donc «au stade de la R&D» selon les services ministériels. La mission évoque la question de la source d’énergie qui peut être un handicap dans certaines régions.

En conclusion du document, la commission estime que seule une combinaison innovante de techniques déjà éprouvées dans les forages conventionnels permet de rendre la production de gaz et huile de schiste rentable. «Aucune technologie alternative n’est soit mature, soit adaptée à ce type de production».



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