Gaz de schiste: Delphine Batho joue les pompiers…

Le 12 septembre 2012 par Geneviève De Lacour
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Delphine Batho, ministre de l'écologie et de l'énergie
Delphine Batho, ministre de l'écologie et de l'énergie

Interrogée par l’Agence France Presse, la ministre de l’écologie dément catégoriquement, aujourd’hui 12 septembre, l’intention du gouvernement d’entrouvrir la porte à l'exploration expérimentale des gaz de schiste, comme le laissait entendre un article paru mardi 11 septembre dans Le Figaro.

Essayant d’éteindre la polémique naissante, à deux jours de l’ouverture de la conférence environnementale, Delphine Batho déclare: «Ce sont des spéculations imaginaires qui sont sans fondement.»

S'appuyant sur les propos d’un participant à la conférence environnementale qui a requis l'anonymat, le quotidien conservateur écrit que le gouvernement serait prêt à entrouvrir la porte à l'exploration des gaz de schiste en France. Il pourrait notamment donner un gage à Total et aux industriels en créant une commission réunissant toutes les parties prenantes, qui serait chargée de définir les conditions d'une exploration expérimentale. Commission dont la création est explicitement prévu par l’article 2 de la loi du 14 juillet 2011 sur l’interdiction de la fracturation hydraulique. Sa création a été officiellement annoncée par décret le 22 mars dernier, par le précédent gouvernement Fillon, sans que cette commission ait été composée (voir JDLE).

«Une telle idée ne correspond pas à des informations sérieuses», ajoute aujourd’hui la ministre, sans plus de commentaires. «Le fait que les membres de cette commission n’aient toujours pas été nommés est d’ailleurs un message intéressant », indique-t-on à son cabinet.

Ce dossier est l'un des plus sensibles qui seront abordés lors de la conférence. Après une forte mobilisation d'opposants, la France est devenue, en juillet 2011, le premier pays à bannir l'usage de la fracturation hydraulique, la technique la plus largement employée pour exploiter ces hydrocarbures non conventionnels. Car elle est susceptible, entre autres, de polluer les sous-sols et consomme de gros volumes d’eau. (Voir le JDLE sur le bilan environnemental réalisé par la commission européenne). 

Pourtant, depuis le vote de la loi, les pétroliers n'ont pas rendu les armes et continuent à plaider régulièrement pour l'autorisation de l'exploration et de l'exploitation de ces gaz de schiste. Il faut dire que la France, selon une seule étude, est susceptible de posséder d’importants gisements dans son sous-sol. Les industriels du pétrole et du gaz mettent en avant les retombées économiques de l’exploitation de ces ressources profondes tout en relativisant les risques pour l'environnement.

Fin août, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclenché un tollé chez les écologistes et les associations de défense de l'environnement en déclarant que la question de l'exploitation des gaz de schiste n'était pas tranchée et serait évoquée lors de la conférence environnementale. Le chef du gouvernement et sa ministre de l’écologie, ont toutefois réaffirmé l'interdiction de la fracturation hydraulique.

 



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