Gaz de schiste: Cuadrilla renonce à forer, pour mieux forer plus tard

Le 14 mars 2013 par Marine Jobert
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Le site de forage de Cuadrilla, à Preese Hall.
Le site de forage de Cuadrilla, à Preese Hall.
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Fin des opérations de forage à Westby, Lancashire, au moins jusqu’à l’an prochain. C’est ce que vient d’annoncer la compagnie pétrolière britannique Cuadrilla, qui opère depuis 3 ans sur 3 sites du pays à la recherche de gaz de schiste. Raison invoquée: la réalisation d’une évaluation environnementale complète supplémentaire (étude d’impact et consultation locale), qui serait sans lien avec un quelconque incident. «Nous admettons que dans le cadre de la complexe règlementation britannique qui couvre le secteur, cette étape peut s’avérer longue, mais nous ne voulons nous épargner aucun effort pour atteindre nos objectifs exploratoires de façon socialement et environnementalement soutenable», indique Cuadrilla dans un communiqué.

 

L’entreprise annonce même que, motivée par les retours positifs des premières fracturations sur son site de Preese Hall –«au moins 5.6 milliards de m3 de gaz»- elle va prospecter d’autres sites d’ici à 2014. Elle est titulaire de 10 permis sur tout le territoire britannique. «Une étape essentielle pour notre programme d’exploration va consister à établir une estimation du pourcentage que nous pourrons extraire pour produire de l’électricité et chauffer nos maisons et nos bureaux.»

 

Cuadrilla fait-elle amende honorable, après ses démêlés avec le Gouvernement d’une part, et les associations environnementales d’autre part? A l’été dernier, l’entreprise avait sciemment dépassé la date limite lui autorisant des travaux de forage, s’asseyant au passage sur la protection des oiseaux hivernants du secteur, incommodés par les travaux. Trois ONG influentes du Royaume –The Royal Society for the Protection of Birds, le WWF et Les Amis de la Terre UK- avaient alors donné de la voix pour enjoindre l’administration Cameron à la prudence dans le dossier des gaz de schiste. Plus embêtantes, ses démêlés avec le ministère de l’énergie, rendues publiques par le journal The Guardian. En avril 2011, deux tremblements de terre ébranlent les environs de Preese Hall, alors que des opérations de fracturation hydraulique sont en cours. Le chantier est arrêté. Quelques jours plus tard, lors d’une inspection de routine, Cuadrilla découvre que le tubage du puits est déformé. Une information que la compagnie va mettre 6 mois à transmettre à l’Etat, avant d’être blanchie par une autorité de régulation. Des études indépendantes démontreront que c’est bien la fracturation hydraulique qui est à l’origine des deux tremblements de terre.

 

Cuadrilla semble prête à sacrifier du temps pour implanter durablement ses projets en Grande-Bretagne, où elle a déjà investi 115 millions d’euros. Quitte à en passer par une évaluation environnementale que rien ne lui imposait. Il y a quelques jours, Lord Browne –ex PDG de BP et actuel président de Cuadrilla- déclarait que son entreprise investirait dans les gaz de schiste «quoi qu’il en coûte (…) C’est le moment d’y aller (…) Je sens au plus profond de moi-même que nous ne devons pas gâcher cette chance. Nous avons très bien réussi en Mer du Nord. Cette Nation peut mener à bien des choses extraordinaires.»



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