Gastroentérites: les norovirus impliqués dans 1 cas sur 5

Le 02 juillet 2014 par Romain Loury
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Norovirus, présent chez 7% de la population?
Norovirus, présent chez 7% de la population?

Les norovirus sont responsables de 18% des cas de gastroentérite dans le monde, selon la plus grande étude jamais menée à ce sujet, publiée dans la revue Lancet Infectious Diseases.

Regroupant un total de 175 études publiées, cette méta-analyse a porté sur près de 188.000 cas de gastroentérite aigüe survenus dans 48 pays, développés ou en développement. Et ses résultats confirment le poids des norovirus dans les gastroentérites au niveau mondial.

Selon Sharia Ahmed, des centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) d’Atlanta (Géorgie), et ses collègues, 18% de ces maladies seraient liées à ce virus. Bien qu’élevé, ce chiffre est probablement sous-estimé: les études portent surtout sur des cas de diarrhées, plus souvent rapportés que de simples vomissements sans diarrhée, situation pourtant plus fréquente.

Alors que les chercheurs ne notent aucune différence selon l’âge, le poids de norovirus semble plus élevé dans les pays riches (20%) et les pays en développement à faible mortalité (19%) que dans ceux à mortalité élevée (14%). Non pas que le norovirus y soit forcément moins fréquent: ces derniers pays sont plus touchés par les gastroentérites, mais bien d’autres pathogènes y sévissent. Ce qui réduit, de manière seulement relative, le poids du norovirus.

Des porteurs qui s’ignorent

Particulièrement contagieux, ce virus pourrait parfois rester à l’état latent dans l’organisme. Selon une analyse portant sur des contrôles sains, 7% d’entre seraient porteurs du virus. Reste à savoir s’il s’agit de maladies réellement asymptomatiques, de vestiges d’une gastroentérite guérie, ou bien de virus mutants ayant traversé le système digestif sans se répliquer. Autre inconnue, l’éventuelle contribution de ces porteurs sains à la propagation de la maladie.

Des vaccins sont déjà en cours d’étude, avec de premiers résultats prometteurs. Principal défi: en trouver un qui soit assez universel pour protéger contre les nombreuses souches de ce virus, en constante évolution. En témoigne l’arrivée en force d’une nouvelle souche, «Sydney»: isolée pour la première fois en 2012 en Australie, elle est désormais responsable de la grande majorité des cas groupés, en Europe comme aux Etats-Unis (voir le JDSA).

Autre agent important de gastroentérite, le rotavirus fait désormais l’objet d’un vaccin. Aux Etats-Unis, sa commercialisation a eu un fort impact: en deux ans, le taux d’hospitalisation d’enfants atteints de gastroentérite liée au rotavirus a chuté de 75%, le norovirus passant désormais en tête (voir le JDSA). Un tel phénomène pourrait survenir en France, dont le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a recommandé en février le remboursement de ce vaccin, après avoir longuement hésité (voir le JDSA).



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