Gaspillage: l’agroalimentaire au régime minceur

Le 12 mars 2019 par Stéphanie Senet
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L'industrie agroalimentaire génère 21% du gaspillage en France (en tonnages)
L'industrie agroalimentaire génère 21% du gaspillage en France (en tonnages)

 

Accompagnés par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), 19 industriels de l’agroalimentaire ont réduit leur gaspillage alimentaire de 15% en moyenne en un an, pour une économie de 67.000 euros.

Si l’industrie agroalimentaire est responsable du 20% du gaspillage alimentaire[1] en France selon l’Ademe, elle n’a pas encore épluché la question. «Notre appel à candidatures n’a généré qu’une vingtaine de dossiers dont 19 ont été retenus. On a beaucoup de mal à convaincre les entreprises qui ont d’autres priorités», reconnaît Pierre Galio, chef du service Consommation et prévention à l’Ademe. But du jeu: diagnostiquer l’ampleur de leur gaspillage alimentaire pour réduire et valoriser au mieux leurs pertes.

La main à la pâte / Les 19 entreprises de l’opération (grands groupes et PME) travaillent dans les secteurs des pâtes, fruits et légumes, épices, plats préparés, biscuits et gâteaux, viande et poisson, chocolats, boissons, pain, farine et produits laitiers.

 

60 tonnes de déchets en moins par site

Bonne nouvelle: les 19 entreprises embarquées dans l’aventure (cf. encadré) ne le regrettent pas. En moyenne, elles ont diminué leurs pertes de 15% en un an (environ 60 tonnes par site). Ce qui leur a permis de réaliser une économie de 67.000 euros. Et d’alléger leur empreinte carbone de 86 tonnes de CO2 (l’équivalent de 86 aller-retour Paris New-York). «Cette expérience montre aussi que l’on peut obtenir des résultats significatifs sans investissements», note Pierre Galio.

Quelques exemples de ce programme minceur: la réduction des talons de pain et la valorisation des pertes en sachet en alimentation animale chez Jaquet, la création de co-produits pour l’alimentation humaine et l’optimisation de la surgélation chez Labeyrie, ou encore la réduction de l’épluchage des légumes chez Soup’idéale. En moyenne, entre 3 et 10 actions réalistes ont été mises en place sur un site.

 

Bouche à oreille

L’opération reste toutefois marginale. «Pour massifier ces résultats, rien de tel qu’un patron qui en parle à un autre patron ou qu’une fédération professionnelle diffuse le message», lance Pierre Galio.

 

Rapport annuel / Impossible de connaître précisément l’état du gaspillage alimentaire en France en 2018, la dernière étude exhaustive de l’Ademe remontant à 2016. Mais le voile va bientôt être levé. Les Etats membres vont devoir réaliser un rapport annuel selon la nouvelle directive européenne sur les déchets. Résultat: l’Ademe peaufine actuellement la mise en place de dispositifs de surveillance spécifiques à chaque acteur (producteur, transformateur, distributeur, etc.). Ils devraient être opérationnels fin 2019.

 

 

 



[1] En tonnages



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