Gaspillage alimentaire: l’UE pourrait limiter la DLUO

Le 21 mai 2014 par Romain Loury
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Les pâtes, bientôt exemptées de DLUO
Les pâtes, bientôt exemptées de DLUO
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Considérée comme un facteur de gaspillage alimentaire, la date-limite d’utilisation optimale (DLUO) pourrait être restreinte par l’Union européenne, notamment afin qu’elle n’apparaisse plus sur le riz, les pâtes et le café.

En cause, la trop fréquente confusion chez le consommateur entre date-limite de consommation (DLC) et date limite d’utilisation optimale (DLUO) (voir le JDSA). Tandis que la première («à consommer avant») est censée refléter la sécurité sanitaire du produit, la seconde («à consommer de préférence avant») ne s’applique qu’à sa qualité gustative, qui s’atténue avec le temps.

Alors qu’un tiers du gaspillage alimentaire survient au niveau du consommateur, en particulier dans les pays développés, la nuance serait lourde de conséquences (voir le JDLE). D’où la proposition, avancée par la Suède et les Pays-Bas lors du Conseil de l’UE agriculture qui s’est tenu lundi 19 mai, de limiter encore plus l’emploi de la DLUO. Le texte, soutenu par l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et le Luxembourg, a rencontré un écho très favorable lors de la réunion, si ce n’est une réticence de l’Italie.

Selon le règlement n°1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, seuls sont à ce jour exemptés de DLUO les fruits et légumes frais, les vins et alcools de plus de 10%, les produits de boulangerie/pâtisserie, les vinaigres, le sel, le sucre à l’état solide, les produits de confiserie et les gommes à mâcher.

De premières mesures fin 2015

L’idée de la Suède et des Pays-Bas serait d’y ajouter d’autres produits, tels que le riz, les pâtes et le café, pour lesquels la DLUO semble en effet bien inutile. Un groupe de travail devrait être mis en place par la Commission européenne à ce sujet, avec de premières mesures adoptées fin 2015.

La responsabilité du système DLC/DLUO dans le gaspillage va toutefois bien au-delà d’une possible confusion entre les deux termes. Publiée dans le numéro de mai du magazine Que Choisir, une enquête suggère que la DLC, fixée par le fabricant sans aucun critère microbiologique, pourrait elle-même constituer un important facteur de gaspillage. Notamment pour les yaourts, qui demeurent tout à fait comestibles des semaines après leur péremption prétendue (voir le JDSA).



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