GAS et Ikos valorisent le biogaz d'une décharge

Le 28 décembre 2004 par Claire Avignon
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biogaz
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La société GAS environnement installe actuellement une unité de valorisation du biogaz sur le centre d'enfouissement Ikos de Fresnoy-Folny (Seine-Maritime) qui enfouit environ 55.000 tonnes de déchets par an. La production d'électricité devrait débuter au printemps 2006.

En comparaison du centre d'enfouissement de Barcelone d'une puissance de 12,5 mégawatts (MW) électriques, le projet du centre d'enfouissement de Fresnoy-Folny (626 kW électriques et 400 kW thermiques) peut paraître modeste. Le projet satisfera les besoins en électricité de l'équivalent de 1.300 foyers. De plus, la chaleur provenant des fumées et du refroidissement du moteur servira à la recirculation des lixiviats pour une dégradation plus rapide des déchets: «Jusqu'ici, nous devions arrêter ce procédé en hiver», explique Mathieu Neel, ingénieur chargé du projet à Ikos.

L'installation a vu le jour grâce aux collectivités locales. «Dès 1997, il y a eu une volonté de leur part de valoriser le gaz émis par les déchets, précise Mathieu Neel. La première solution envisagée consistait à installer une chaudière pour chauffer une serre.» Finalement en février 2003, Ikos et GAS environnement (chiffre d'affaires de 400.000 euros) ont commencé à négocier pour installer une unité de production d'électricité. Après avoir obtenu toutes les autorisations et avoir négocié avec EDF, les travaux d'aménagement ont pu commencer courant 2004.

Il s'agit de la première installation de GAS environnement en France. Mais la société bénéficie de l'expérience de sa maison mère allemande, leader de son marché domestique. «Ikos nous met à disposition son terrain. Nous nous occupons de l'installation puis du bon fonctionnement de l'unité», explique Xavier Joly, directeur général de GAS environnement.

L'entreprise a investit environ 500.000 euros et se rémunèrera par la vente à EDF de l'électricité considérée comme une énergie renouvelable. Le tarif est réglementé par la circulaire du 3 octobre 2001 qui établit l'obligation de rachat par EDF pendant une période de 15 ans, avec un tarif allant de 4,5 à 5,72 centimes d'euros le kilowatt. Ikos percevra une partie de la rémunération liée à la vente d'électricité. La société a dû investir 200.000 euros pour modifier le réseau de récupération du biogaz et changer le groupe de surpression. «La motivation se trouve donc des deux côtés, indique Xavier Joly. Plus on vend d'électricité, plus Ikos gagne de l'argent. En tout état de cause, nous garantissons à EDF un taux de production d'électricité qui correspond à 85% de notre capacité.» L'Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie (Ademe), le Conseil régional de Haute-Normandie et le Fonds européen de développement régional (Feder) ont subventionné une partie des travaux, environ 75.000 euros au total.

Cette installation sera inaugurée l'année où l'Ademe compte bien faire décoller la valorisation du biogaz en France. L'Agence souhaite doubler la production nationale en passant de 150.000 tonnes équivalent pétrole (tep) dont 19.000 provenant de décharges - à 300.000 tep. Les impacts attendus sont la création d'emplois (environ 200), l'amélioration du ratio d'autonomie énergétique locale et la limitation des émissions de gaz à effet de serre. En effet, le biogaz est composé en majorité de méthane (CH4). Le brûler entraîne l'émission de CO2, gaz à effet de serre moins puissant que le CH4.




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