Gardanne: vers un refus d’autorisation d’exploiter?

Le 28 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La plus grande chaudière à bois de France sera-t-elle mise à feu?
La plus grande chaudière à bois de France sera-t-elle mise à feu?

Le plus gros projet de centrale à biomasse de France a du plomb dans l’aile. Jeudi 27 novembre, le tribunal administratif examinait plusieurs recours portés par des ONG

Initié en 2011, le projet prévoit la conversion à la biomasse de la tranche n°4 (150 mégawatts) de la centrale au charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône). Uniper, son exploitant, a consacré 250 millions d’euros à l’opération, préservant ainsi 80 emplois. Après des années de travaux, la centrale à bois devait démarrer prochainement. A moins que la justice n’en décide autrement.

850.000 t de bois par an

Devant consommer 850.000 tonnes de bois et de déchets végétaux par an, la centrale inquiète élus locaux et associations, qui craignent pour la bonne santé des forêts et du maquis. A partir de 2026, quand Uniper cessera d’importer du bois, il faudra aller chercher du combustible végétal jusqu’à 400 kilomètres autour de Gardanne, s’alarment-ils.

Pour préserver massifs forestiers et paysages, une quinzaine d’associations de défense de l'environnement, de communes des Alpes-de-Haute Provence, sans oublier les parcs naturels régionaux du Verdon et du Lubéron, entendent mettre un terme à ce projet.

Etude d’impact insuffisante

Au cours de l’audience, le rapporteur public a considéré que l'étude d'impact avait été «insuffisante en ce qui concerne les effets négatifs, indirects et permanents du projet sur les espaces forestiers du secteur». Cette étude, qui s'est limitée à 5 communes dans un rayon de 3 kilomètres autour de l’installation, aurait dû mesurer plus largement les incidences du plan d'approvisionnement sur les paysages et la biodiversité, estime le magistrat.

Insuffisance réglementaire

Pour l'avocat d'Uniper, Frédéric Defradas, la réglementation ne contraignait pas à ce que l'étude d'impact englobe «les cinquantaines de sites exploités» par les entreprises forestières appelées à fournir Uniper. Les défenseurs des requérants, Mathieu Victoria et Eric Posak, ont aussi fait observer qu'aucune étude d'incidence n'a été menée au titre des zones Natura 2000 alors qu'elles sont nombreuses dans le périmètre d'approvisionnement.

En toute logique, indique l’AFP, le magistrat a conclu à l'annulation de l'arrêté préfectoral d’exploitation, pris en novembre 2012. La décision du tribunal, qui n’est pas tenu de suivre les conclusions du rapporteur public, est attendue dans plusieurs semaines.  

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus