Gardanne: Royal impose le zéro rejet en Méditerranée

Le 22 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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Une solution alternative au rejet en mer va devoir être trouvée
Une solution alternative au rejet en mer va devoir être trouvée

La ministre de l’écologie Ségolène Royal a précisé, le 19 septembre, sa position dans l’affaire des rejets liquides issus de la filtration des boues rouges produites par l’usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) dans le cadre de la fabrication d’alumines.

Après avoir rencontré le responsable de cette société, elle a fixé un objectif de zéro rejet d’arsenic et de métaux lourds en mer, ce qui ferme la porte à la demande actuelle d’Alteo de rejeter, pendant 30 nouvelles années, ses effluents liquides en plein cœur du parc national des Calanques.

Jusqu’à présent, Ségolène Royal s’était contentée d’affirmer qu’il fallait «améliorer le dossier pour garantir des rejets compatibles avec ce territoire remarquable».

«L’arrêt des rejets de boues rouges, prévu au 31 décembre 2015, devait être anticipé», insiste le communiqué de presse du ministère de l’écologie.

«Non seulement Alteo a demandé d’effectuer en mer des rejets d’effluents toxiques, riches en métaux lourds et en arsenic, mais il a aussi réclamé une dérogation pour dépasser les seuils autorisés par l’arrêté du 13 juillet 1998 sur les installations classées pour la protection de l’environnement», précise au JDLE Yves Lancelot, océanographe et ancien directeur de recherche au CNRS.

 

Des rejets en rivière?

 

Il s’agit désormais d’envisager des solutions alternatives moins nocives que ces rejets en Méditerranée, prévus dans le canyon de Cassidaigne, «qui est un joyau de biodiversité», note Yves Lancelot. Selon lui, «l’évaporation naturelle et forcée serait la moins polluante». Mais Alteo la rejette en affirmant qu’elle manque de place pour la mettre en œuvre sur son installation de Gardanne. Autre solution: «envisager des rejets en rivière, à condition bien sûr qu’Alteo respecte les seuils de l’arrêté de 1998», estime le directeur de recherche. Ce qui obligerait l’industriel à réaliser un investissement initial de 40 à 45 millions d’euros et à payer une facture annuelle de 13 M€ par an.

L’affaire se poursuit désormais sur le plan scientifique avec le lancement d’une expertise par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), dont les résultats sont attendus dans deux mois.

De leur côté, les collectifs associatifs opposés à tout rejet en Méditerranée lancent également leur propre étude indépendante. «Nous allons récolter des fonds pendant trois semaines puis la réaliser pendant un mois. Notre étude sera donc prête avant celle du BRGM», assure Olivier Dubuquoy, docteur en géographie et enseignant à l’université de Toulon.



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