Gamma butyro-lactone: produit chimique et stupéfiant

Le 06 mai 2005 par Ludivine Hamy
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boite de nuit
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La gamma butyrolactone (GBL), produit chimique très utilisé dans l’industrie, est de plus en plus consommé dans les fêtes gay, bi et lesbiennes comme stupéfiant, pour son caractère euphorisant. Les pouvoirs publics réfléchissent aux moyens d’en limiter l’utilisation et le détournement à des usages privés, sans pour autant le classer sur la liste des stupéfiants.

Textiles, médicaments, produits photos argentiques, encres, dissolvants, phytosanitaires, peintures… la liste des utilisations industrielles de la gamma butyrolactone (GBL) est longue. Ce produit est intégré dans les procédés de fabrication comme solvant ou modificateur de viscosité.

Mais la GBL a également la particularité d'être un précurseur chimique de l'oxyde de sodium, plus connu sous le nom de GHB (gamma hydroxybutyrate) ou de «drogue du viol.» Synthétisée et étudiée par le professeur Henry Laborit dans les années 60, la GHB a longtemps été utilisée comme anesthésique général, pour le traitement des troubles du sommeil, l'aide à l'accouchement et comme alternative au sevrage de l'alcool et des opiacés. Toutefois, en raison de ses effets indésirables dus à des doses trop élevées ou au mélange avec d'autres produits, la GHB a perdu son usage médical. Par la suite, dans les années 1990, la GHB fut vendue dans les centres de fitness comme alternative aux stéroïdes et pour le contrôle du poids. Suite à plusieurs cas d'intoxication, ce produit fut interdit à la vente aux Etats-Unis par la Food and drug administration (FDA) et classé en France sur la liste des stupéfiants en 1999 (1).

Comme le souligne l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), «la GBL n'est pas seulement un précurseur chimique du GHB, elle est également métabolisée par l'organisme en GHB, ce qui fait du corps un véritable « laboratoire clandestin » de synthèse de la GHB.» D'où son utilisation dans certains milieux festifs pour ses effets déshinibants (euphorie, empathie, augmentation de la libido). Le problème est que les surdosages sont faciles et fréquents, engendrant régulièrement des situations de coma, de convulsions ou de détresse respiratoire.

Confrontées à ce problème de santé publique, les autorités publiques –acteurs de la santé, services de répression et de l'industrie – n'envisagent pas d'inscrire la GBL, comme la GHB, sur la liste des stupéfiants. Ce classement imposerait en effet de trop fortes contraintes au milieu industriel et serait trop pénalisant pour un marché florissant (la consommation de GBL aux Etats-Unis s'élevait à 135 000 tonnes en 2002). Pour autant, des pistes sont aujourd'hui explorées pour interdire la vente de GBL aux particuliers, comme c'est déjà le cas dans certains états des Etats-Unis.

(1) Arrêté du 28 avril 1999 paru au JO du 5 mai 1999




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