Gagner plus pour émettre plus de CO2

Le 18 juin 2010 par Sabine Casalonga
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Un rapport sur « les émissions de CO2 du circuit économique en France » a été publié hier par l’Insee et le ministère chargé de l’environnement. Sur les 550 millions de tonnes de CO2 émises en 2005, 40% sont produites à l’étranger et 75% sont imputables à la consommation des ménages. Les habitants les plus aisés émettent plus de deux fois de CO2 que les moins aisés.

 

En 2005, la France a émis près de 410 millions de tonnes de CO2 par son activité économique, soit 6,7 tonnes par an et par habitant, selon le rapport réalisé par l’Insee et le service de l'observation et des statistiques (SOeS) du Meeddm.

 

Cela représente toutefois une part relativement faible des émissions mondiales (1,3 %) pour un pays qui pèse 3 % du PIB mondial et 1 % de la population mondiale. L’intensité d'émission de CO2 par habitant, reste d’ailleurs inférieure en France à celle de nombre de pays développés, Etats-Unis en tête. Cela s’explique par la prédominance du nucléaire dans la production hexagonale d’énergie primaire (43%) et électrique (entre 75 et 78 %).

 

Un tiers des émissions de CO2 est imputable à la combustion des hydrocarbures (essence, fioul, gaz) par les ménages dans les transports et le chauffage. Les deux-tiers restants sont émis par l'appareil de production national, principalement par les secteurs de l’énergie et des biens intermédiaires (chimie, plastiques, bois etc.).

 

Toutefois, ce bilan occulte les émissions de CO2 induites à l'étranger par nos importations -supérieures de 20 % à celles de l’industrie nationale (!)- mais aussi celles des produits exportés. Une fois ces dernières prises en comptes,  les émissions de CO2 de la demande finale intérieure française s’élèvent à près de 550 millions de tonnes (9 tonnes par an et par habitant), dont 40% émises à l’étranger. Elles sont imputables pour 75 % à la consommation des ménages (logement, transport) et alimentation), pour 10 % aux administrations publiques et pour 15 % à l'investissement.

 

Le rapport de l’Insee confirme par ailleurs que les émissions de CO2 sont corrélées au pouvoir d’achat. Les 20% de ménages les plus aisés induisent, via leurs achats, 29 % des émissions de CO2, alors que les 20% des ménages les plus modestes n'en induisent que 11 %. Toutefois, le contenu en CO2 par euro dépensé est en moyenne plus faible pour un ménage aisé que pour un ménage modeste, du fait notamment d’une part de dépenses pour le chauffage plus élevée chez ces derniers. Au final, ce sont les cadres qui sont les plus gros émetteurs. Mais aussi les célibataires. Une personne vivant seule émet deux fois plus (8,6 tonnes) qu’un membre d'une famille nombreuse (4,1 tonnes).

 

Ce rapport met en œuvre certaines des recommandations de la commission Stiglitz (dans le JDLE) qui avait montré les limites du PIB et la nécessité de mieux rendre compte des interactions entre activité économique et environnement. D’autres rapports similaires devraient bientôt suivre. Le SOeS a en effet engagé un programme, en collaboration avec l'Insee et le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citépa), visant à faire le lien entre l'émission d'un polluant donné, ou d'un gaz à effet de serre, et chaque activité productive.

 

Dans le JDLE « 45 indicateurs pour refléter les valeurs du XXe siècle »



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