Fumer nuit gravement à l’environnement

Le 01 juin 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Deux tiers des mégots finissent hors poubelle
Deux tiers des mégots finissent hors poubelle
DR

Sept millions de morts par an, et peut-être bien plus: dans un rapport publié mardi 30 mai, à la veille de la Journée mondiale sans tabac, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dresse le tableau des nombreuses nuisances environnementales de cette industrie.

Du champ jusqu’au mégot, l’industrie du tabac compte probablement parmi les plus polluantes au monde. Le sujet demeure rarement abordé, laissé de côté au profit des messages de prévention sanitaire. Contre toute attente, c’est l’OMS qui s’y colle, consacrant à ce sujet son rapport annuel de la Journée mondiale sans tabac.

Une agriculture agressive

Désormais pratiquée à 90% par des pays à revenu faible ou intermédiaire (en premier lieu la Chine, le Brésil et l’Inde), la culture du tabac est l’une des plus néfastes qui soient, avec tous les désagréments liés à la monoculture intensive. Très gourmande en pesticides –dont nombreux sont interdits dans les pays développés-, la plante absorbe fortement l’azote, le potassium et le phosphore du sol, ce qui nécessite un recours important aux engrais. D’où l’appauvrissement des sols, et une forte érosion.

Dans les pays où il est cultivé, le tabac est aussi une cause importante de déforestation. Non seulement pour dégager les terres nécessaires à sa culture, mais parce que le séchage des feuilles s’effectue très souvent par combustion de bois. Selon des travaux cités par l’OMS, il faudrait ainsi un arbre pour fabriquer 300 cigarettes.

18% de la déforestation chinoise

En Chine, 18% de la déforestation intervenue ces dernières décennies serait ainsi le fait de la culture du tabac. Idem dans plusieurs pays d’Afrique, dont le Malawi, où ce type d’agriculture est considéré comme la principale cause de la déforestation, avec les pertes de biodiversité qui en découlent.

Selon le Baromètre santé 2016 publié par l’agence Santé publique France, 34,5% des adultes français sont fumeurs, que ce soit de manière quotidienne (28,7%) ou occasionnelle (5,8%). Si la proportion de fumeurs  a diminué chez les personnes à revenu élevé (de 23,5% en 2010 à 20,9% en 2016), elle augmente chez ceux à revenu faible (de 35,2% à 37,5% en six ans).

Quant aux paysans, on est bien loin du commerce équitable: mal payés, ils souffrent très fréquemment de troubles sanitaires et psychologiques, dont plusieurs ont été liés à l’emploi de pesticides. Sans compter la maladie du tabac vert, qui survient lors d’une absorption dermique excessive de nicotine lorsque les feuilles sont humides.

Des cigarettes polluantes et énergivores

La production de cigarettes entraîne elle aussi de nombreuses nuisances environnementales, du fait de ses besoins énergétiques élevés, de forts besoins en eau, de la pollution par les divers additifs, de la fabrication des emballages -en partie plastiques-, et du transport des produits finis. Le bilan carbone est lourd: en 2015, l’industrie de la cigarette aurait émis environ 8,76 millions de tonnes équivalent CO2, soit 3 millions de vols transatlantiques, avance l’OMS.

Quant à la consommation de cigarettes, ses impacts ne se bornent pas au fumeur, ou à son entourage via le tabagisme passif. Il faut y ajouter le tabagisme appelé de troisième main (le tabagisme «de deuxième main» désignant, en anglais, le tabagisme passif), avec le dépôt sur les surfaces, notamment dans les domiciles, de nombreux polluants, dont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Pollution de l’air et déchets

La qualité de l’air, atmosphérique comme intérieur, s’en ressent aussi fortement: en 2012, les 625.000 millions de cigarettes fumées à travers le monde ont engendré entre 3.000 et 6.000 tonnes de formaldéhyde, agent cancérigène, mais aussi plusieurs gaz à effet de serre, dont du CO2 (entre 2,8 et 5,2 millions de tonnes) et du méthane (entre 19.000 et 24.000 tonnes).

Quant aux mégots, ils constituent l’un des principaux déchets humains: deux tiers d’entre eux finissent écrasés par terre ou jetés par la fenêtre, soit entre 340.000 et 680.000 tonnes chaque année à travers le monde. Les filtres mettant plusieurs années à se dégrader, ils infusent dans l’environnement plus de 7.000 produits chimiques, dont des métaux lourds, fortement toxiques pour la faune aquatique.

Pour Oleg Chestnov, directeur général adjoint de l’OMS, «les conséquences environnementales de la consommation de tabac montrent que ce n’est plus seulement un problème individuel, mais un problème de l’humanité. Il ne s’agit pas seulement de la vie des fumeurs et de leur entourage. Ce qui est en jeu, c’est le destin de toute cette planète»



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus