Fukushima, un an après

Le 28 février 2012 par Geneviève De Lacour
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Tepco prévoit le démantèlement de la centrale d'ici 30 à 40 ans
Tepco prévoit le démantèlement de la centrale d'ici 30 à 40 ans

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a présenté aujourd’hui 28 février un bilan complet sur l’état de sûreté du site de Fukushima Dai-ichi, de la contamination des sols autour de la centrale et du suivi sanitaire de la population de la préfecture de Fukushima.

Voici, dans une première partie, un bilan de l’état de sûreté du site. Les aspects sanitaires et environnementaux seront présentés demain.

L’IRSN rappelle que le séisme du 11 mars 2011, de magnitude 9, suivi d’un tsunami dévastateur, a été à l’origine d’un accident classé au niveau 7 à l’échelle internationale des événements nucléaires (qui en compte 7). Une catastrophe à l’origine de la fusion des cœurs des réacteurs 4, 5 et 6, mais aussi de la perte de refroidissement de plusieurs piscines d’entreposage de combustibles usés. Dans les réacteurs 1 à 4, des explosions sont également survenues du fait de la production d’hydrogène lors de la dégradation des combustibles.

Dès le début de l’accident, les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont partiellement fondu. Pour le réacteur n°1, le corium - magma issu de la fusion du cœur du réacteur- a percé la cuve et s’est écoulé dans le fond de l’enceinte de confinement. Mais il est actuellement impossible de préciser la quantité présente au fond de l’enceinte. Les cœurs des réacteurs n°2 et 3 sont fortement dégradés et la relocalisation du corium dans le fond de la cuve est tout à fait possible. Mais l’IRSN estime que les risques d’écoulement de ce corium dans le fond de l’enceinte de confinement sont faibles.

En ce qui concerne les piscines de confinement, des matériaux hautement radioactifs sont tombés dans les piscines des réacteurs 1, 3 et 4 à la suite d’explosions. Un fait qui, selon l’IRSN, compliquera l’extraction des combustibles qui, d’après les contrôles vidéo de l’intérieur des piscines et les mesures de la contamination de l’eau, n’ont pas subi de dégradation importante.  

L’IRSN relève «l’importance des moyens déployés par Tepco [Tokyo Electric Power, la compagnie exploitante de la centrale] pour reprendre le contrôle des installations». Avant de souligner «la nécessaire vigilance à maintenir quant au comportement des installations, qui s’exerce dans un contexte toujours difficile lié à l’accessibilité limitée et à la fiabilité incertaine des moyens de surveillance».

Quant à la situation actuelle, les réacteurs 1, 2 et 3 sont refroidis par injection d’eau douce (environ 10 mètres cubes par heure). Tepco a fait état, fin 2011, de l’atteinte d’une situation d’«arrêt à froid», terme technique mais impropre eu égard à l’état des réacteurs. La température de l’eau à l’intérieur des réacteurs demeure néanmoins inférieure à 100°C.

Tepco injecte actuellement de l’azote dans les enceintes de confinement des réacteurs pour maintenir leur inertage et éviter tout risque de combustion d’hydrogène.

Le réacteur 4, lui, est déchargé et les réacteurs 5 et 6 sont en situation d’arrêt sûr.

Les piscines d’entreposage des 6 réacteurs et la piscine d’entreposage du site sont maintenant refroidies en circuit fermé. En outre, Tepco a réalisé des travaux de confortement de génie civil de la piscine du réacteur 4.

Comment Tepco gère-t-elle les rejets actuels, des rejets diffus, selon l’IRSN? Elle pulvérise de la résine qui permet de fixer la contamination des terrains extérieurs et de boucher également les puits présents sur le site. Pour le réacteur n°1, Tepco a recouvert le bâtiment de parois posées sur une armature métallique. Un confinement non étanche que l’entreprise s’apprête à mettre en place sur les réacteurs 3 et 4. Elle a aussi prévu d’étanchéifier certaines galeries techniques enterrées et a déjà commencé à installer une paroi enterrée entre le site et l’océan.

Tepco prévoit également la construction d’une digue en bord de mer pour éviter une nouvelle inondation du site.

Enfin l’électricien nippon a mis en place une stratégie de reprise de contrôle des installations, en trois phases, pour atteindre une situation stable. La première étape, à réaliser dans les 2 ans, consiste à retirer les combustibles présents dans les piscines des réacteurs 1 à 4. La deuxième prévoit de retirer les combustibles dégradés des réacteurs 1 à 3 dans un délai de 10 ans. Enfin la dernière étape correspond au démantèlement complet des installations avec un objectif de 30 à 40 ans.

Ce plan d’action, dont «les objectifs ne peuvent être considérés que comme des ordres de grandeur» pour l’IRSN, sera associé à un important programme de recherche et développement.

 



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