Fukushima : Tepco ne tiendra pas ses objectifs

Le 30 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le 17 avril dernier, l’exploitant de la centrale de Fukushima Dai-Ichi avait présenté un programme de sortie de crise. En trois mois, l’électricien tokyoïte entendait réduire les rejets de radiation, fiabiliser le refroidissement des réacteurs et des piscines de stockage de combustible et sécuriser les stockages d’eau contaminée.
 
Prévue pour durer de 3 à 6 mois, la seconde phase avait pour objectif de sécuriser les bâtiments, refroidir les réacteurs et réduire le volume d’eau contaminée. Enfin, les structures portant la piscine du réacteur n°4 devaient être renforcées.
 
Hélas, ce programme -dont la durée a toujours été présentée comme un ordre de grandeur et non comme un engagement ferme- risque de connaître quelques dérives.
 
Ces derniers jours, les équipes intervenant sur le site accidenté ont, en effet, connu des déboires. Samedi 28 mai, une pompe d’alimentation en eau de mer du 5e réacteur est tombée en panne. Cet arrêt du refroidissement a provoqué une rapide montée en température du cœur (qui a atteint 93,6°C) et de l’eau de la piscine de stockage. Or, si l’eau présente dans la cuve du réacteur était entrée en ébullition, les barres de combustible se seraient de nouveau échauffées, faisant craindre la formation de bulles d’hydrogène ou la fonte du combustible.
 
Fort heureusement, l’incident a été résolu en une quinzaine d’heures, sans conséquences visibles.
Plus grave, en revanche, est la sous-estimation initiale des dégâts causés aux réacteurs. Selon les dernières communications de Tepco, l’intégralité du combustible de la première et de la troisième tranche aurait fondu. Ce qui devrait considérablement allonger la durée du programme d’intervention. Percée en un ou plusieurs endroits, la cuve du premier réacteur laisse toujours s’écouler de l’eau de refroidissement. Radioactive, elle empêche toute intervention prolongée par des personnels. Il faut donc l’évacuer, la stocker puis la traiter.
 
C’est précisément ce à quoi travaillent les équipes d’Areva et de Veolia Water. Les techniciens des deux compagnies françaises installent une unité de traitement et de décontamination de l’eau utilisée pour le refroidissement des installations. D’une capacité de 50 mètres cubes par heure, elle pourrait ainsi traiter 250.000 m3 d’effluents. Cela pourrait s’avérer suffisant. Selon Tepco, ce sont environ 100.000 m3 d’eau qui doivent être décontaminées: de quoi remplir 40 piscines olympiques!
 
Mais la saison des pluies approche à grand pas. Et avec elle la crainte de voir des trombes d’eau s’abattre sur la centrale, accroissant du même coup le volume d’eau contaminée à canaliser, stocker et décontaminer.


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