Fukushima: les eaux américaines faiblement touchées

Le 05 janvier 2015 par Romain Loury
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L'Océan pacifique, côte canadienne
L'Océan pacifique, côte canadienne
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Près de 4 ans après Fukushima, les isotopes radioactifs de césium dérivant vers la côte nord-américaine sont certes détectables, mais à un niveau ne posant aucun danger pour l’environnement ou pour la santé humaine, assure une équipe canadienne dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

 

C’était l’une des incertitudes de l’après-Fukushima, accident nucléaire historique survenu en mars 2011 au Japon: quand la radioactivité serait-elle ressentie sur l’autre rive de l’Océan pacifique? Entre 2013 et 2015, selon les précédentes estimations, basées sur les prédictions de courants océaniques.

L’étude publiée fin décembre par John Norton Smith, du Bedford Institute of Oceanography à Dartmouth (Nouvelle-Ecosse), vient d’y apporter une réponse définitive. Grâce à une série de mesures réalisées au large de la Colombie-Britannique, les chercheurs affirment que c’est en juin 2012 que les premières traces de césium 134 et de césium 137 ont été repérées à 1.500 km des côtes occidentales du Canada.

Quant aux eaux continentales, elles ont été atteintes un an plus tard, en juin 2013. Quelques mois plus tard, en février 2014, le niveau de radioactivité y était d’environ 2 Becquerel par m3 d’eau, soit deux fois plus que le bruit de fond, tel qu’il était connu avant Fukushima.

Un pic entre 2015 et 2016

«Selon les modèles de circulation des eaux océaniques, en accord avec nos mesures, les niveaux totaux de césium 137 au large de la côte nord-américaine atteindront probablement un maximum compris entre 3 et 5 Bq/m3 entre 2015 et 2016, avant de redescendre jusqu’à leur niveau de fond, d’environ 1 Bq/m3, vers 2021», avancent les chercheurs.

Avec la baisse de radioactivité, le Japon s’est enfin remis à exporter du riz issu de Fukushima fin août 2014, d’abord vers Singapour. Dans l’Union européenne, tous les produits issus de la préfecture de Fukushima, ainsi que certains produits de préfectures adjacentes, doivent continuer à faire l’objet de prélèvements et d’analyses avant leur importation.

D’ici là, ces niveaux surélevés de radioactivité au large du Canada et des Etats-Unis ne posent aucun risque pour l’environnement ou pour la santé humaine, estiment-ils. Selon leurs calculs, un thon pêché au large de la Californie ne devrait pas dépasser un taux de 5 Bq/kg de poids sec, plusieurs ordres de grandeur en-dessous des seuils acceptables pour l’écosystème ou la santé humaine.

Une telle dose constituerait une goutte d’eau lorsqu’on la compare à la radioactivité naturelle, présente dans tout aliment. Selon des travaux publiés en 2013, pour un thon imprégné à hauteur de 6 Bq/m3, cela équivaudrait à seulement 7% du potassium 40 et à 0,2% du polonium 210 présent chez ce poisson.



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