Fukushima: les aliments, un risque minime

Le 03 mars 2015 par Romain Loury
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Une crainte majeure après la catastrophe
Une crainte majeure après la catastrophe
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Suite à l’accident nucléaire de Fukushima, la contamination des aliments a d’abord connu quelques pics de radioactivité, qui se sont rapidement résorbés au cours des mois suivants, révèle une première analyse globale publiée dans la revue Environmental Science & Technology. Pour le consommateur japonais, les risques sont très faibles.

En tout, l’équipe de Georg Steinhauser, de l’Atominstitut de Vienne (Autriche), a analysé les résultats de 877.635 échantillons de fruits et légumes, viande, œufs, champignons et feuilles de thé, ce qui constitue la plus grande série d’analyses radioactives jamais réalisée. Echelonnée entre mars 2011 et août 2014, elle révèle des résultats somme toute rassurants.

Pour le Japon, le taux de non-conformité des aliments est passé de 0,9% en 2011 à 0,2% en 2014. Rien que pour la préfecture de Fukushima, seuls 3,3% des aliments dépassaient la limite réglementaire en 2011, contre 0,6% en 2014. Derrière ces chiffres se cachent des réalités très différentes selon le type de produits.

Niveau initial élevé, regain fin 2011

Pour les fruits et légumes, la contamination dans la préfecture de Fukushima a ainsi rapidement chuté, passant d’une moyenne de 82 kiloBecquerel par kilo (kBq/kg) le 21 mars, soit 10 jours après l’accident, à 8 kBq/kg un mois plus tard. L’été suivant, rares étaient les échantillons à dépasser le seuil réglementaire, provisoirement fixé à 500 Bq/kg –avant d’être abaissé à 100 Bq/kg en avril 2012.

Après cette courte accalmie, d’autres pics sont survenus, notamment en septembre 2011 du fait de champignons très chargés en césium 137, en novembre 2011 en raison de champignons séchés, puis de nouveau en janvier 2012 avec d’autres fruits et légumes séchés.

Pour la viande, il aura fallu attendre début juin 2011 pour que surviennent les premiers échantillons non conformes, avec de la viande de bœuf atteignant les 2.000 Bq/kg. Là aussi, la situation s’est tassée durant l’été, avant qu’un nouveau pic ne survienne en septembre. Il s’agissait alors de viande de sanglier, animal qui se nourrit en grande partie de champignons, avec des niveaux frôlant les 15 kBq/kg jusqu’à fin 2011.

L’eau, rapidement conforme

Du côté de l’eau du robinet, rapidement contaminée par l’iode 131, l’effet a été encore plus fugace: plus aucune non-conformité n’a été notée après le 23 mars, soit 12 jours après la catastrophe, ce qui a conduit à lever les restrictions d’utilisation dès le 1er avril. Quant au césium (134 et 137), la base de données ne recèle aucun cas de dépassement du seuil, que ce soit juste après l’accident, avec un seuil fixé à 200 Bq/litre, ou après avril 2012, lorsqu’il a été abaissé à 10 Bq/L.

«Etant donné la surveillance étroite, la réponse rapide des autorités japonaises, et le déclin rapide de la radioactivité dans des aliments courants, initialement très contaminés, il semble très improbable qu’il y ait eu plus que quelques personnes à avoir dépassé la dose maximale admissible de 1 milliSievert/an», concluent les chercheurs.



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