Fukushima : Le Japon a bien réagi mais peut mieux faire

Le 01 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La réaction du Japon à l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima a été «exemplaire», mais les risques de tsunami ont été sous-estimés, a jugé, ce mercredi 1er juin, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) au terme d'une mission d'enquête d'une semaine.
 
Ces commentaires sont issus d’un rapport préliminaire remis au gouvernement japonais par un groupe d'experts de l'AIEA mandatés pour analyser l'enchaînement tragique des faits à Fukushima Dai-Ichi.
 
L'alimentation électrique de la centrale nucléaire a été interrompue par une vague de 14 mètres de haut, mettant hors service les systèmes de refroidissement des réacteurs, ce qui a provoqué une série d'explosions et une fusion partielle du combustible nucléaire.
 
«Le risque de tsunami a été sous-estimé», a souligné le rapport à propos de cet accident. «Les concepteurs et les opérateurs de centrales nucléaires devraient évaluer correctement les dangers naturels pour protéger les installations, ainsi que mettre à jour périodiquement ces estimations et leurs méthodes d'évaluation.» Une conclusion qui rejoint celle de sismologues américains.
 
Mais les experts de l'AIEA se sont dits «profondément impressionnés par le dévouement des travailleurs japonais face à cet accident nucléaire sans précédent» et ont jugé «exemplaire» la réaction du Japon. «Les dispositions prises à long terme pour protéger le public, y compris l'évacuation de la zone autour des réacteurs accidentés, ont été impressionnantes et extrêmement bien organisées», poursuit le rapport.
 
Les autorités ont imposé une zone interdite d'accès de 20 kilomètres autour du site et évacué plusieurs autres localités, forçant plus de 80.000 personnes à quitter leur domicile. L'opérateur de la centrale de Fukushima, Tepco, a prévu de parvenir à refroidir les 4 réacteurs endommagés sous la barre des 100 degrés Celsius d'ici janvier 2012. Un objectif qui sera difficile à tenir.
«Un programme approprié et opportun de suivi de l'exposition du public et des travailleurs et de surveillance sanitaire serait bénéfique», ont cependant relevé les experts.
 
La mission de l'AIEA a en outre critiqué le fait que l'Agence de la sûreté nucléaire et industrielle soit placée sous la tutelle du ministère de l'industrie. «Le Japon doit veiller à l'indépendance de l'autorité de régulation nucléaire et faire en sorte que la clarté des rôles soit préservée», a-t-elle insisté. A de nombreuses reprises, la presse japonaise a critiqué le laxisme et le manque de transparence de la Nisa [JDLE].
 
Composée de 18 spécialistes venus de 12 pays (dont la France), la mission a été mandatée à la suite d'un accord entre le gouvernement japonais et l'AIEA. Elle a inspecté les centrales de Fukushima Dai-Ichi et Fukushima Daini, ainsi que celle de Tokai, plus au sud.
 
Sa mission était «d'identifier les enseignements de l'accident susceptibles d'aider à améliorer la sûreté nucléaire partout dans le monde». L'AIEA recommande à cet égard la mise en place de centres d'intervention d'urgence dans les sites à haut risque, avec des équipements pour garantir les communications et le contrôle des installations.
 
Le rapport final de la mission sera rendu public lors d'une conférence ministérielle sur la sûreté nucléaire qui se tiendra du 20 au 24 juin à Vienne, siège de l'AIEA.
 


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