Fukushima: la zone interdite de nouveau accessible

Le 21 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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Odaka, dans la zone interdite
Odaka, dans la zone interdite

Trois des onze communes situées dans la zone interdite autour de Fukushima ont été rouvertes avec les autorisations du gouvernement japonais. Une information qui est passée totalement inaperçue, même au Japon. Les communes de Kawauchi et Tamura ont ainsi ouvert leurs portes le 1er avril dernier. En ce qui concerne Odaka, la banlieue interdite de Minamisoma, la plus grande ville de la région avec 70.000 habitants, elle accueille à nouveau, depuis le 16 avril dernier, ses anciens habitants, les sinistrés de Fukushima.

Au total, 16.000 personnes, sur les 110.000 Japonais évacués, ont ainsi acquis le droit de revenir chez elles. Fait marquant, le check point qui contrôlait très strictement la zone a été décalé de 20 à 10 kilomètres de la centrale accidentée.

Selon les informations rapportées par le magazine Science et Avenir, pour le moment, les résidents n’ont toutefois pas le droit de passer la nuit dans l’ancienne zone interdite. Mais pour eux aucune limitation de temps, ni de mesure de radioprotection particulière n’a été fixée (port d’un dosimètre, d’une combinaison radiologique ou d’un masque par exemple). Les voitures circulent librement, des résidents commencent à nettoyer et réparer leurs maisons, laissées à l’abandon depuis le 12 mars 2011, au lendemain du séisme et du tsunami qui ont déclenché la catastrophe.

A la suite de mesures aériennes de radioactivité au sol (réalisées avec un détecteur de rayons gamma) le 30 mars dernier, le gouvernement -qui administre la zone interdite autour de Fukushima - a divisé la ville de Minamisoma en trois zones. Un secteur montagneux, où la radioactivité dépasse les 50 millisieverts par an, est resté interdit. Le gouvernement a rouvert la partie où la radioactivité est inférieure à 20 mSv/an, soit le niveau autorisé pour un travailleur du nucléaire en France.

Fait plus surprenant, il a aussi rouvert le secteur où la radioactivité est comprise entre 20 et 50 mSv, plus à l’intérieur des terres. Cette décision perturbe les mesures de radioprotection prises par les autorités japonaises. En effet, la limite des 20 mSv –un niveau jugé élevé par nombre d’observateurs- servait jusqu’à présent de référence pour ordonner l’évacuation d’une zone dans les environs de la centrale nucléaire. Il s’agissait du niveau de sûreté décidé par le gouvernement pendant la période de crise. 

«Cela dépasse l’imagination d’autoriser les gens à revenir avec un tel niveau de radioactivité, lance l’un des directeurs du Centre d’information des citoyens sur le nucléaire. On ne devrait pas rouvrir les zones où la radioactivité dépasse 1 mSv/an».

Ce à quoi Kiyomi Sakuma, membre de la cellule en charge des résidents évacués suite à l’accident nucléaire, qui dépend du gouvernement, répond: «Nous ne pensons pas qu’il soit dangereux de rouvrir la zone au-dessus de 20 mSv/an car les résidents n’ont pas le droit de se réinstaller chez eux. Les résidents ne seront autorisés à se réinstaller définitivement que dans les endroits où la radioactivité est inférieur à 20 mSv».

La réouverture rapide de Minamisoma tient avant tout à la volonté de son maire, Katsunobu Sakurai. Il a convaincu le gouvernement de lever la barrière des 20 km autour de la centrale. «Pour le moment, seules les villes dont les maires étaient les plus motivés et les plus combatifs pour faire revivre leur communes ont rouvert, confirme Kiyomi Sakuma. Le gouvernement attend d’être sollicité par les collectivités locales pour rouvrir une ville.»

La politique gouvernementale, jusque-là très dirigiste en ce qui concerne la protection des riverains de la centrale, est donc en train de faire des compromis, pris au cas par cas avec les autorités locales.

 

 



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