Fukushima: la gestion du post-accidentel va pouvoir commencer

Le 22 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Même si les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Dai Ichi sont toujours «dans un état particulièrement critique», aux dires des experts de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IRSN), la situation semble s’améliorer.

 

Avec trois jours de retard, l’électricité a été rétablie pour les 6 réacteurs. Et la chaîne de télévision japonaise NHK affirme que les éclairages de la salle de contrôle de la troisième tranche ont pu être allumés.

 

Au sol, deux chars ont fait leur apparition. Equipés d’une lame de bulldozer, ils vont dégager les voies de circulation à l’intérieur du périmètre de la centrale et déblayer les tonnes de gravats radioactifs.

 

De leur côté, pompiers et policiers continuent d’asperger, avec leur canon à eau, piscine de refroidissement et réacteurs. Et cela donne des résultats.

 

Grâce à des mesures effectuées par thermographie infrarouge, les sauveteurs ont établi que la température de l’eau des trois premières piscines avait diminué. Des groupes électrogènes ont, par ailleurs, été mis en batterie pour assurer le refroidissement des piscines 5 et 6, dont la température de l’eau est désormais contrôlée automatiquement.

 

Les réacteurs, en revanche, donnent encore des sueurs froides aux experts de lasûreté. Outre la difficulté à assurer leur refroidissement, les spécialistes de l’IRSN craignent aussi les ravages du sel. Les tonnes d’eau de mer qui ont été pulvérisées sur les réacteurs ont laissé d’importantes quantités de sel. La cristallisation de ce chlorure de sodium pourrait corroder, voire bloquer, des pièces vitales, comme certaines soupapes.

 

Tepco, l’exploitant de la centrale, n’est pas au bout de son voyage au bout des ennuis. La presse japonaise a levé un nouveau lièvre: Fukushima Dai Ichi n’est plus assurée depuis le mois d’août dernier. Globalement, ça ne changera pas grand-chose, puisque selon la Convention de Paris, c’est l’Etat japonais qui devrait régler la facture des dommages causés aux tiers par l’accident. En revanche, les dégâts causés à la centrale par le séisme et le tsunami devront être payés par Tepco.

 

Lequel n’entend plus exploiter la centrale. Selon les confidences recueillies par l’ Asahi Shimbun auprès d’un de ses dirigeants, l’électricien tokyoïte devrait renoncer à exploiter les réacteurs 5 et 6. «Si l’on tient compte des ressentiments des riverains, ce serait difficile de redémarrer. La démolition des 6 réacteurs est donc inévitable», affirme cette source non identifiée. Tepco a aussi différé le démarrage du chantier du premier réacteur de la centrale de Higashidori, qui devait être lancé dans quelques semaines.

 

Si les dégazages volontaires des enceintes des trois premiers réacteurs semblent avoir cessé, depuis hier 21 mars, les spécialistes de la radioprotection commencent à cerner l’étendue de la contamination. Selon l’ IRSN, l’activité des gaz rares, des iodes, des césiums et des tellures relâchés entre le 12 et le 22 mars, «sur la base des informations disponibles» est «de l’ordre de 10% des rejets estimés lors de l’accident de Tchernobyl».

 

Les légumes, le lait et l’eau ont été contaminés, plus ou moins, dans plusieurs régions du Japon. En début de semaine, les préfectures de Fukushima, d’Ibaraki, de Toguichi et de Gunma ont interdit la vente d’épinards et de légumes à feuilles. Pour éviter tout risque de rationnement, le gouvernement japonais devrait, lundi, décider d’interdire ou non, les exportations de produits frais.

 

Comme on pouvait s’y attendre, les rejets liquides de la centrale accidentée ont commencé à polluer la mer. Des prélèvements d’eau effectués au large du site ont montré des traces de contamination, à l’iode 131, notamment. Cette dernière nouvelle n’est pas pour réjouir les Japonais qui sont, après les Chinois, les seconds plus gros consommateurs mondiaux de produits de la mer.



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