Fukushima: la fin semble proche pour Tepco

Le 31 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Y aura-t-il quelqu’un pour sauver Tepco? Pas sûr, tant sont nombreuses les accusations de fraude ou d’incompétence. Avec les conséquences économiques et politiques que l’on peut imaginer.

Dans son édition du jour, The Wall Street Journal révèle que le plan d’intervention de la centrale nucléaire de Fukushima était totalement inadapté en cas de catastrophe majeure.

Les instructions données par Tepco ne prévoyaient que des accidents de petite ampleur et sont muettes sur la conduite à tenir en cas de dégâts majeurs, selon le quotidien financier qui s'est procuré ces documents.

Le plan ne prévoit la présence que d’un téléphone satellite pour communiquer avec l’extérieur. Seule une cinquantaine de tenues étanches sont prévues pour assurer la protection des personnels. Rien n’est prévu pour s’assurer de la participation des pompiers de Tokyo, du recours à l'armée et de l'utilisation de matériel américain pour colmater des fuites et contenir les radiations, -autant de mesures «salutaires» mises en œuvre depuis le 11 mars.

Ces révélations s'ajoutent aux doutes pesant sur la transparence de l’électricien tokyoïte en matière de sécurité. Une dizaine de jours avant le séisme, Tepco a été forcé de reconnaître qu'il avait faussé les données des registres de contrôle de ses installations, après avoir été épinglé par l'Agence de sûreté nucléaire.

Pour accroître la pression sur l’entreprise, le Premier ministre japonais Naoto Kan a affirmé ce jeudi 31 mars que la centrale accidentée devait être démantelée, rapporte l'agence de presse Kyodo. Le gouvernement japonais n’a pas démenti les rumeurs selon lesquelles il réfléchirait à un démantèlement, voire à une nationalisation de la compagnie.

Un coup dur pour le premier électricien nippon. Il y a quelques jours, Tepco avait estimé inévitable de démanteler les 4 premiers réacteurs, une fois terminées les opérations de refroidissement en cours, mais espérait pouvoir relancer les réacteurs 5 et 6, épargnés par la catastrophe.

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, l'agence de notation Moody's a annoncé jeudi dégrader à «Baa1» la note de Tepco dont le cours s'est effondré en bourse.

Pendant ce temps, la centrale continue de déverser des radioéléments dans le Pacifique. Un taux d'iode radioactif en hausse, 4.385 fois supérieur à la norme légale, a été mesuré dans l'eau de mer prélevée à 300 mètres au sud de Fukushima Dai-Ichi, a indiqué Tepco jeudi. La pollution semble poursuivre sa progression. Samedi, la concentration d’iode était 1.250 fois supérieur à la norme, 1.850 fois supérieur dimanche, puis avait chuté en début de semaine avant de rebondir mercredi à 3.355 fois la norme légale.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus