Fukushima: l’agriculture compromise dans le nord-est du Japon

Le 23 novembre 2011 par Romain Loury
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Dans la préfecture de Fukushima et dans plusieurs riveraines, le sol pourrait s’avérer plus impropre à l’agriculture qu’on ne le pensait jusqu’alors, en raison de taux de césium 137 particulièrement élevés, révèle une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Fruits d’une collaboration américano-japonaise, ces travaux sont les premiers à dévoiler le niveau de contamination des sols pour l’ensemble du pays. Et ces résultats s’avèrent moins favorables qu’on ne le pensait jusqu’alors: plusieurs préfectures dont les sols pourraient dépasser, en certains endroits, le seuil de radioactivité admise pour l’agriculture, de 2.500 becquerels par kilogramme de sol pour le césium 137 [1].

Les chercheurs ont pour cela recouru aux chiffres de déposition du césium 137 enregistrés dans toutes les préfectures japonaises après l’accident de la centrale de Fukushima Dai-Ichi (survenu suite au séisme du 11 mars), qu’ils ont complétés par les données météorologiques jusqu’au 19 avril.

Sur l’est de la préfecture de Fukushima, zone la plus touchée, la contamination des sols dépasse systématiquement 1.000 Bq/kg, tandis que plusieurs préfectures voisines (Miyagi, Tochigi, Ibaraki) se situaient en moyenne autour de 250 Bq/kg. «A l’échelle plus locale, des dépassements sont probables, étant donné la forte variabilité de déposition du césium 137», avancent les auteurs.

L’est et le nord-est du Japon sont donc les plus contaminés, l’ouest et le nord-ouest l’étant largement moins, probablement parce qu’ils ont été protégés de retombées radioactives par le relief montagneux. Dans ces régions, la contamination des sols ne dépasse pas 25 Bq/kg.
 
Ce qui n’empêche pas les chercheurs de «recommander fortement que chaque préfecture procède rapidement à des analyses de sol au niveau de chaque ville». Une analyse plus fine qu’ils jugent nécessaire avant tout plan de décontamination.
En Europe, la Commission a décidé début septembre de prolonger ses mesures de sécurité sur les produits alimentaires importés du Japon, au moins jusqu’à la fin de l’année [JDLE]. Ceux provenant des 12 préfectures les plus proches de la centrale doivent être contrôlés avant de quitter le pays, et des contrôles sont menés sur 10% d’entre eux une fois sur le sol européen.
[1] Selon la loi japonaise, le seuil légal est fixé à 5.000 Bq/kg de sol pour le césium radioactif, composé environ à part égale des isotopes 134 et 137, soit 2.500 Bq/kg de sol pour le césium 137.
 


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