Fukushima, deux ans après: la radioactivité

Le 08 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La décontamination diminue.
La décontamination diminue.
gouvernement japonais

Dans leur malheur, les Japonais ont eu de la chance. Car une bonne partie de la radioactivité qui a été relâchée par les réacteurs accidentés de la centrale de Fukushima Dai-Ichi est tombée en mer. Mais, faute de quantification initiale, les scientifiques ont dû reconstituer le volume de ces retombées et leur ajouter l’activité des eaux de ruissellement et des rejets liquides, toujours en cours.

Une dizaine d’équipes, dans le monde, se sont attelées à la tâche. Avec plus ou moins de bonheur. La plupart ont modélisé l’activité des rejets liquides, en utilisant des données et des modèles différents. Résultat: la pollution radioactive du Pacifique est estimée entre 3,5 et 27 peta becquerels (PBq). L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a basé ses travaux sur l’inventaire des matériaux, réalisé à partir des concentrations de radionucléides mesurées et du temps de résidence des masses d’eau. Ce qui amène les scientifiques français à proposer une estimation de 27 PBq.

Incapables de trancher, les autorités japonaises ont installé un comité d’experts internationaux (auquel participent l’Ifremer et l’IRSN français) chargé d’évaluer les différentes études. Ses conclusions sont attendues dans quelques mois.

Grâce à d’importantes quantités de prélèvements, on peut toutefois dresser un premier bilan de la contamination de l’océan. «A plus de 10 kilomètres des côtes, on est revenu à la normale», estime Jean-Christophe Gariel, directeur de l’environnement de l’IRSN. Les concentrations mesurées de césium 134 et 137 oscillent entre 0,0033 et 0,001 becquerel par litre (Bq/l). Ce dernier niveau correspondant au bruit de fond de radioactivité imputable aux essais nucléaires atmosphériques; lesquels ont déversé, en 4 décennies, quelque 700 PBq de radioactivité dans les océans.

Le long des côtes, l’activité diminue à mesure que l’on s’éloigne du site accidenté. Toutefois, on retrouve à certains endroits des niveaux d’activité très faibles, mais comparables (1,6 Bq/l) à ceux mesurés au pied de la centrale. La faute en revient probablement aux rivières qui charrient des particules de sols et des sédiments contaminés.

Au sol, l’activité totale ne fait pas, elle non plus, l’objet d’un consensus. Les études l’évaluent entre 3,5 et 30 PBq.

Contrairement à Tchernobyl, le relâchement de la radioactivité ne s’est pas faite en continu et sur une longue durée (10 jours), mais par bouffées. Ce qui explique que les relâchements d’iodes et de tellure soient 10 fois inférieurs à Fukushima qu’en Ukraine et en Biélorussie, 3 fois moindres pour le césium et près de 50 fois moins pour le plutonium et le strontium.

Bien qu’en diminution (à cause de la décroissance rapide de certains éléments à vie courte comme l’iode, mais aussi du lessivage des sols par les intempéries), l’activité la plus importante se trouve le long d’un panache qui s’étend sur une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de la centrale. Des débits de dose de 20 microSieverts par heure (mSv/h) n’y sont pas rares. Comme en Biélorussie, en Ukraine ou en Russie, on trouve aussi des taches de contamination éparses: les fameuses taches de léopard.

Selon les estimations de l’IRSN, les sites les plus contaminés se situent dans la zone des 20 km autour de la centrale, très rapidement évacuée (80.000 personnes y résidaient). «Il est probable que les doses les plus importantes ont pu être évitées pour cette population. Toutefois, il n’est pas exclu que des personnes aient pu recevoir des doses supérieures à 50 mSv», estime Jean-René Jourdain, adjoint à la directrice de la protection de l’homme de l’IRSN.



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