Fukushima : des traces radioactives dans les légumes et le lait français

Le 15 avril 2011 par Romain Loury
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Le nuage radioactif en provenance de Fukushima a laissé des traces de radioactivité dans les légumes et le lait français, mais sans risques pour la santé, a annoncé l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
Détectées pour la première fois le 24 mars au sommet du Puy-de-Dôme, ces « très faibles » traces de radioactivité ont été retrouvées dans les différents milieux analysés (air, eau de pluie, lait, végétaux et légumes), indique l’institut dans un bulletin daté du 8 avril. Mais les retombées de cet accident survenu à « très grande distance » (environ 9.500 km) ne posent « aucun risque environnement ou sanitaire, même en cas de persistance dans la durée ».
Pour l’iode 131, la gamme d’activité va de 0,43 à 1,78 Becquerel/litre (Bq/l) pour le lait de chèvre et de brebis, de 0,15 à 0,46 Bq/l pour le lait de vache. Quant aux légumes feuilles (salade, épinard, chou pommé, poireau), ce taux est au maximum de 0,97 Bq/l. Des traces de césium 134, mais pas de césium 137, ont également été relevées.
« Compte tenu du délai entre l’abattage des animaux et la consommation, l’iode 131 ne devrait pas être mesurable dans les viandes consommées. Les concentrations en césiums dans la viande à des niveaux de quelques Bq/kg pourraient quant à elles perdurer plus longtemps que celles dans le lait et les légumes », ajoute l’institut.
« Conformes aux prévisions », ces chiffres sont bien en-dessous des niveaux maximums admissibles (NMA) (1), note l’IRSN. Ils « sont très largement inférieurs à ceux observés dans l’est de la France en 1986, après l’accident de Tchernobyl, qui avaient parfois atteint plusieurs centaines à plusieurs milliers de Bq/kg ou Bq/l », rappelle l’institut.
Compte tenu de sa très courte demi-vie (environ huit jours), « on ne devrait plus détecter d’iode 131 dans le lait d’ici un mois », prévoit Bruno Cessac, responsable du bureau des situations post-accidentelles de l’IRSN.
Ailleurs en Europe, des traces de radioactivité ont aussi été observées dans du lait en Irlande et en Grèce. Au Royaume-Uni, la Health Protection Agency (HPA) n’en a détecté que dans l’air et dans l’eau de pluie.
(1) Fixé par le règlement européen EURATOM n°3954/87, le NMA d’iode 131 est de 500 Bq/l pour les produits laitiers et pour les liquides destinés à la consommation, de 2000 Bq/kg pour les denrées alimentaires (à l’exception de celles dites de moindre importance) et de 150 Bq/kg pour les aliments pour nourrissons.


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