Fukushima: des conséquences énergétiques à long terme

Le 23 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Japon n’a pas fini de payer les errements de son principal électricien Tepco. A court terme, les agriculteurs des préfectures de Fukushima, Ibaraki, Toshigi et Gunma sont désormais priés de garder pour eux leur production de lait, de légumes à feuilles (épinards, brocolis ou choux) et de fruit frais. Les niveaux de contamination de ces produits sont encore trop élevés. Consolation: l’essentiel de cette pollution est imputable (pour le moment) à l’iode 131, dont la demi-vie est de 8 jours. Si les émissions de radioéléments dans l’air s’estompent, voire s’arrêtent, les produits frais devraient retrouver rapidement des niveaux acceptables d’irradiation.

 

En ce qui concerne l’eau potable de Tokyo, les dernières mesures montrent des niveaux de contamination de l’ordre de 200 becquerels d’iode 131 par litre: une activité deux fois plus élevée que la limite fixée par le décret (français) du 20 décembre 2001.

 

L'eau de Tokyo a été déclarée mercredi 23 mars impropre à la consommation pour les bébés, en raison d'un taux d'iode radioactif deux fois supérieur à la limite légale.

 

Une deuxième ville, Hitachiota, située dans la préfecture d'Ibaraki, au nord de la capitale, a également déconseillé l'eau du robinet pour les bébés, a annoncé mercredi soir la télévision.

 

 

Dans la centrale, la situation a peu évolué. Comme ces deux derniers jours, des fumées noires se sont échappées du bâtiment du réacteur n°3, sans que l’on en sache ni la cause, ni l’origine.

 

Tepco a annoncé que les 6 tranches étaient recouplées, depuis mardi soir, au réseau électrique. Mais aucun système de refroidissement n’a pour le moment été redémarré. Deux explications possibles. Les techniciens sont régulièrement évacués en raison de brusques bouffées de radiations, pas toujours expliquées. De plus, il est probable que lesdits systèmes ont souffert des suites du tsunami, des explosions et des incendies. Leur remise en service est sans doute extrêmement difficile.

 

L’électricien tokyoïte commence d’ailleurs à préparer la population de sa circonscription (28 millions d’usagers) à une longue période de disette électrique. Selon l’Asahi Shimbun, Tepco devrait poursuivre ses coupures d’électricité tournantes pendant au moins un an.

 

Le problème de la compagnie est simple: elle ne dispose plus de suffisamment de capacités de production d’électricité. Après l’arrêt des centrales de Fukushima Dai Ichi, de Fukushima Daini, d’Onagawa et de Tokai, Tepco peut encore aligner, au mieux, 35.000 mégawatts électriques (MWe). Or, à cette période de l’année, la demande locale frisait les 50.000 MWe. En remettant en service de petites centrales thermiques mises sous cocon, elle peut espérer accroître de 5.000 MWe sa capacité d’ici le mois d’avril. Avant l’été, Tepco pourrait «récupérer» la production électrique de producteurs de… gaz et d’autres électriciens indépendants. De quoi grossir de 7.000 MWe la production.

 

Mais il manquera toujours une dizaine de milliers de MW pour faire face aux pointes estivales (climatisation) et hivernales (chauffage). Et c’est là que tout se complique. Car, pour des raisons historiques, la fréquence du courant des régions occidentales du Japon (60 Hz) n’est pas la même que celle des régions orientales (50 Hz). Les basculements d’électrons transrégionaux seront donc extrêmement limités: 1.000 MWe, tout au plus.

 

Seule solution: construire rapidement de nouvelles centrales. L’urgence plaide pour le gaz. Selon Bloomberg, Tepco négocie les dernières clauses d’un prêt de 25 milliards de dollars (17,66 milliards d’euros), avec un consortium bancaire, composé notamment de Mitsubishi UFJ Financial Group, de Sumitomo Mitsui Financial Group et de Mizuho Financial Group.

 

Un investissement auquel participeront, d’une façon ou d’une autre, les clients (captifs!) de Tepco.



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