Fukushima: démarrage de la décontamination des eaux

Le 23 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Malgré quelques problèmes techniques, le Japon pense pouvoir décontaminer les dizaines de milliers de tonnes d'eau radioactive accumulées dans la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a déclaré ce jeudi 23 juin le conseiller du gouvernement en charge de la crise.
 
Goshi Hosono, chargé par le Premier ministre Naoto Kan de superviser les opérations de stabilisation de la centrale Fukushima Dai-Ichi, a souligné que l'usine de décontamination construite en un temps record fonctionnait à nouveau, après une série de petits ennuis techniques.
 
Bien que l'installation, qui utilise des équipements du groupe nucléaire français Areva et de la société américaine Kurion, n'ait pas encore atteint sa pleine capacité, «nous traitons plus d'effluents que le volume d'eau nouvellement contaminée», a-t-il confirmé. «Les risques de débordement ont baissé.»
 
Selon Areva, les statistiques arrêtées à jeudi 13H00 (04H00 GMT) indiquent que l'usine a réussi à décontaminer 2.200 tonnes d'eau hautement radioactive depuis sa mise en route le 17 juin à 20H00 (11H00 GMT).
 
Une fois les réglages terminés, elle devrait être capable de traiter 50 tonnes d'effluents par heure, soit 1.200 tonnes par jour, en divisant la radioactivité par un facteur de 1.000 à 10.000 fois.
 
Lors d'une interview avec des médias étrangers à Tokyo, Goshi Hosono a rappelé qu'en temps normal, «un système comme celui-là devrait prendre un an pour être construit. Mais nous avons dû le faire en deux mois, vu la situation extraordinaire».
Les tests prennent également au minimum deux mois, alors qu'à Fukushima Daiichi, ils n'ont duré que quelques jours, ce qui explique qu'il y ait encore des ajustements nécessaires.
 
Quelque 100.000 tonnes d'eau hautement radioactive se sont accumulées dans les bâtiments des réacteurs et des turbines de Fukushima Dai-Ichi depuis le séisme et le tsunami du 11 mars.
 
Ces effluents empêchent les ouvriers de pénétrer dans les installations pour réactiver des circuits de refroidissement du combustible nucléaire, endommagés par une vague de 14 mètres de haut qui a déferlé sur la centrale.
 
L'opérateur du site, Tepco, doit injecter environ 500 tonnes d'eau chaque jour pour refroidir les réacteurs.
Parallèlement, l’électricien doit gérer un nombre croissant de demandes d’indemnisation. La dernière en date émane d’un consortium d’entreprises spécialisées dans la vente de produits de la mer et de coopératives de pêcheurs. Du fait du relâchement de radioéléments dans le Pacifique Nord, ces 161 structures ont vu chuter leurs ventes de poissons, de mollusques et d’algues. Elles réclament donc 1,85 milliard de yens (16 millions d’euros) de dommages et intérêts à l’électricien tokyoïte.
 
En mai, la préfecture d’Ibaraki avait déjà demandé à Tepco 425 millions de yens (3,73 millions €) de dédommagements pour les pêcheurs.


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