Fukushima coûtera plus cher que prévu

Le 27 août 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Techniciens de décontamination à Fukushima.
Techniciens de décontamination à Fukushima.
© IRSN - Recoquillé-Bression

Les Japonais ne sont pas prêts de solder les comptes de la catastrophe de Fukushima. Selon une étude publiée en début de semaine par un collège d’universitaires japonais, le coût total de l’accident nucléaire survenu le 11 mars 2011 pourrait s’élever à plus de 11.000 milliards de yens (86 milliards d’euros): près du double du montant initialement estimé.

Oublié le coût des déchets

En décembre 2011, le gouvernement et l’exploitant de la centrale, Tepco, avaient évalué à 5.800 Md¥ (42 Md€) le montant du devis. C’est en fait le périmètre pris en compte qui fait toute la différence, ont expliqué les deux principaux auteurs, Kenichi Oshima (université Ritsumeikan de Kyoto) et Masafumi Yokemoto (université d’Osaka). La première estimation avait minoré, faute d’estimation fiable à l’époque, le coût de la décontamination des sols et de la gestion des millions de mètres cubes de déchets radioactifs.

Inflation sur la décontamination

Dans leur étude, les chercheurs nippons estiment que la «compensation» des personnes déplacées coûtera près de 5.800 Md¥; le coût de la décontamination est estimé à 2.500 Md¥ (18 Md€), soit un peu plus (2200 Md¥) que le nettoyage du site de la centrale accidentée. Enfin, la gestion des déchets les moins actifs pourrait nécessiter plus de 1.000 Md¥ (7 Md€) d’investissements.

 

A mesure que se poursuit le dépistage, le nombre de cancers de la thyroïde diagnostiqués chez les habitants de la région de Fukushima s’accroit. Publié en début de semaine, le dernier bilan fait état de 103 cas détectés chez des enfants ou des adolescents, âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident. Datant de novembre dernier, le précédent recensement faisait état de 26 cancers de la thyroïde diagnostiqués et de 32 cas suspectés. Le lien entre cette pathologie radio-induite et la catastrophe reste difficile à établir. Ce type de cancer se développe environ 4 ans après l’exposition à l‘iode 131. De plus, le point zéro de la situation radiologique régionale, avant l’accident, était mal connu des scientifiques.

Pour autant, ces coûts devraient encore augmenter. Le nouveau devis n’inclut pas la création et l’exploitation du centre ultime de stockage des déchets les plus radioactifs. Sans compter la mise aux normes de sûreté des réacteurs opérationnels. Des travaux qui pourraient s’élever à plus de 2.000 Md¥ (14,5 Md€), a indiqué Kenichi Oshima.

Considérables, ces montants n’apparaissent pas délirants aux économistes. Dans une étude rendue publique en février 2013, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait estimé à 120 Md€ le coût pour la France d’un accident nucléaire grave. Un chiffre sans doute à tripler en cas d’accident majeur, comparable à ceux de Tchernobyl ou de Fukushima.

 

 

 



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