Fuites de méthane: l’EPA s’en lave les mains

Le 30 août 2019 par Romain Loury
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L'EPA ne veut plus se mêler des fuites
L'EPA ne veut plus se mêler des fuites
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Sous l’administration Trump, l’agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) ne cesse de mal porter son nom: jeudi 29 août, elle a proposé de ne plus contrôler les fuites de méthane générées par l’industrie gazière et pétrolière.

Nouveau coup dur pour la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, dont Donald Trump semble toujours aussi désireux de déposséder l’Etat, préférant accroître les profits des industriels. Proposée, jeudi 29 août par l’EPA, cette mesure vise à mettre fin au contrôle qu’elle exerçait, depuis 2016, sur les fuites de méthane engendrées par l’exploitation du gaz et du pétrole par l’industrie extractive ce puissant gaz à effet de serre.

Plus de contrôle, plus de limites

Ce contrôle serait tout simplement aboli lors des étapes de transport et de stockage. Quant aux étapes de production et de traitement, l’EPA y garderait bien un œil, mais les limites d’émission de méthane y seraient annulées.

Demeureraient celles relatives aux composés organiques volatiles (COV) précurseurs de l’ozone. «Le contrôle exercé sur les émissions de COV permet de réduire celles de méthane dans le même temps, donc maintenir des limitations de méthane est redondant», explique l’EPA.

Le problème de l’industrie (et de nul autre)

Par cette mesure, soumise à consultation pendant 60 jours, l’EPA décide tout simplement de se dessaisir du dossier des fuites de méthane liées à l’industrie, importante source de ce puissant gaz à effet de serre. Pour l’administrateur de l’EPA, Andrew Wheeler (ancien lobbyiste de l’industrie du charbon), «l’administration Trump reconnaît ainsi que le méthane est précieux, et que l’industrie a tout intérêt à minimiser les pertes et à maximiser son usage».

«Depuis 1990, la production de gaz naturel a presque doublé aux Etats-Unis, tandis que les émissions de l’industrie gazière ont baissé de presque 15%. Notre réglementation ne devrait pas freiner ces innovations et ces progrès», a-t-il ajouté.

De quoi réjouir les nombreux petits exploitants américains, rassemblés dans l’Independent Petroleum Association of America, qui ont ardemment milité pour briser ces contrôles de l’EPA. Et pour cause: avec cette mesure, les industriels économiseraient entre 17 et 19 millions de dollars par an, se félicite l’agence.



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