Fuites de carbone: une «très bonne excuse pour ne rien faire»

Le 23 septembre 2009 par Vicor Roux-Goeken
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Si l’Union européenne agit seule pour réduire ses émissions de moitié d’ici 2050, presque 12% de ces réductions seront compensées par des hausses d’émissions dans d’autres pays. Si tous les pays industrialisés agissent de concert, ces «fuites de carbone» seront inférieures à 2%. Elles «sont une très bonne excuse pour ne rien faire», a déclaré le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Angel Gurria, lors de la présentation vendredi 18 septembre d’une publication consacrée à l’économie de l’atténuation du changement climatique après 2012, année d’expiration du protocole de Kyoto.

La lutte contre le changement climatique nécessite un grand coup de collier des pays industrialisés. Sous réserve qu’ils soient tenus, leurs objectifs de réduction d’émissions ne permettront de les réduire que de 8 à 14% en 2020 par rapport à 1990. Loin d’une baisse de 25 à 40% préconisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) pour éviter une hausse moyenne de la température supérieure à 2 degrés en 2100.

Pour achever de les convaincre, l’OCDE déploie l’argumentaire économique de rigueur: la mise en place d’un marché mondial du carbone ces 10 prochaines années n’absorberait que 4% du PIB mondial d’ici 2050, quand sa croissance attendue est supposée atteindre 250% à cette date.

Même si la mise en œuvre d’un tel marché n’est pas pour demain, l’organisation calcule que si les industries intensives en énergie en sont exemptées, atteindre les objectifs de réduction des émissions coûtera au moins 50% de plus. Sans compter que le produit des permis mis aux enchères et des taxes «environnementales», destiné à réduire de 50% les émissions des pays industrialisés d’ici 2050, pourrait représenter 2,5% de leur PIB à cette date.

L’organisation s’intéresse aussi aux actions que pourraient entreprendre les pays en voie de développement: la fin des subventions aux énergies fossiles pourrait réduire les émissions mondiales de plus de 10% en 2050, surtout de la part de la Russie, des pays d’Europe centrale hors UE, et d’un grand nombre de pays en développement. Les émissions issues de la déforestation –17% des émissions mondiales– pourraient aussi être évitées à faible coût.


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