Fuite d’un oléoduc: vers un renforcement des contrôles

Le 10 août 2009 par Sabine Casalonga
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Après le rejet accidentel vendredi de 4.000 mètres cubes de pétrole brut dans une zone Natura 2000 dû à une fuite d’un oléoduc dans les Bouches-du-Rhône, la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, a annoncé un plan de modernisation des pipelines.

«D'ici à la fin novembre, il y aura un renforcement des contrôles et une surveillance plus fréquente des installations», a indiqué Chantal Jouanno dans l’édition du Parisien de dimanche. Elle a déploré que les contrôles de fond sur les quelque 50.000 kilomètres de canalisations de transport (gaz, hydrocarbures, produits chimiques) n'aient lieu qu'une fois tous les dix ans.

La fuite sur un oléoduc souterrain daté de 1971, constatée vendredi matin par un garde de la réserve naturelle, a été confirmée dans la journée par la Société du pipeline sud-européen (SPSE) qui gère l'oléoduc reliant Fos-sur-mer à l'Allemagne. La SPSE compte parmi ses actionnaires les pétroliers Total, Exxon Mobil, BP et Shell.

La secrétaire d’Etat qui s’était rendue sur le lieu de la pollution l’a qualifiée de «vrai désastre écologique». La nappe de pétrole s’étend sur 2 hectares dans la réserve naturelle de Coussouls de Crau créée en 2001. Cette dernière steppe sèche d'Europe large de 7.400 hectares fait partie du réseau Natura 2000 depuis 1990. Cette pollution pourrait entraîner des impacts sur l'écosystème et sur certaines espèces spécifiques à la réserve. La secrétaire d'Etat a écarté tout risque sanitaire lié à la consommation d'eau et a estimé «extrêmement faible» le risque de pollution de la nappe phréatique située à plus de 10 mètres de profondeur. Certains soulignent le risque lié à la dissémination de polluants aériens.

Greenpeace dénonce dans un communiqué «le laxisme des autorités françaises» en termes de prévention des risques industriels. L'association rappelle la nécessité de renforcer la sécurité sur les sites industriels sensibles, notamment sur des zones proches du littoral, conformément à la demande exprimée par les ONG au Grenelle de la mer.

«On ne laissera pas ce crime écologique impuni», a déclaré à l'AFP Benjamin Kabouche, le directeur de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). La LPO portera plainte, une fois l'étendue des dégâts examinée. «Nous allons prendre le temps d'une analyse juridique fine de la situation parce que dans ces cas de pollution, comme celui (du pétrolier) Erika, il faut tenir en justice pendant cinq ou dix ans» a-t-il expliqué.

Dans un communiqué du 10 août, la fédération France nature environnement (FNE) dénonce une «agression écologique» au sein d’un écosystème unique en France. «Cela relance de manière générale la sécurisation des oléoducs vieillissants qu’il convient de remettre à niveau», souligne Raymond Léost, responsable du réseau juridique de FNE. Selon Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, «il est urgent que les pipelines qui passent sur des territoires remarquables et protégés (…) soient systématiquement déplacés et empruntent des axes linéaires banalisés pour éviter des pollutions en milieu naturel». Christian Schwoehrer, président de Réserves naturelles de France s'inquiète de l'impact sur la nappe phréatique, proche de la surface en Crau.

Pour déterminer l'origine de la rupture de l'oléoduc, une enquête a été ouverte par le parquet de Tarascon et confiée à la gendarmerie.


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