Fuite d’hydrocarbures en Yvelines: la dépollution sera longue

Le 28 février 2019 par Stéphanie Senet
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La fuite est estimée à 900 mètres cubes de pétrole brut
La fuite est estimée à 900 mètres cubes de pétrole brut
Préfecture des Yvelines

Encore inexpliquée, la rupture d’un pipeline de Total a provoqué, le 24 février, la fuite de 900 mètres cubes de pétrole brut dans les Yvelines (Ile-de-France). Sept hectares de terres agricoles ainsi que des cours d’eau sont pollués.

On ne sait toujours pas ce qui a provoqué la rupture du pipeline reliant Le Havre (Seine-Maritime) à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne). «Il avait été inspecté début 2019 dans le cadre d’une inspection décennale. On va faire une investigation poussée. Mais ce sont beaucoup de données qu’il faut analyser centimètre par centimètre, c’est donc long», a déclaré un porte-parole du groupe Total, en charge de l’exploitation de l’oléoduc. Pour l’heure, priorité est donnée à la réparation de la canalisation endommagée sur plusieurs mètres, qui n’est plus alimentée.

Des mois de dépollution

Ces travaux, qui n’ont pas encore commencés, peuvent prendre de deux à trois semaines. Ensuite, ce sera au tour du nettoyage des parcelles touchées, qui devrait durer une dizaine de jours. Au total, 7 hectares de terres agricoles sont concernés sur les communes d’Autouillet, Vicq et Boissy-sans-Avoir, auxquels s’ajoutent des cours d’eau, dont le Lieutel.

Beaucoup plus longue, la dépollution devrait durer plusieurs mois. Avant de pouvoir reprendre l’exploitation de son tube, Total devra encore attendre le feu vert de l’Etat.

«Il est encore trop tôt pour dire combien cela va coûter et c’est une question secondaire pour Total qui va évidemment prendre tout à sa charge», a fait savoir le groupe français après la visite du ministre de la transition écologique François de Rugy, qui a déclaré qu’il serait «extrêmement ferme». L’entreprise s’est engagée à indemniser les propriétaires agricoles ainsi que les riverains.

Eaux à risques

De son côté, France Nature Environnement (FNE) se dit particulièrement préoccupée par les particules d’hydrocarbures solides qui flottent à la surface de l’eau, extrêmement toxiques et cancérigènes à cause du benzène. En attendant que l’eau des rus et des rivières soit dépolluée, «un arrêté préfectoral doit être pris dans les meilleurs délais pour interdire la consommation et l’arrosage», affirme la fédération. Autre préoccupation: les espèces protégées doivent faire l’objet de mesures de protection.

Raffinerie à l’arrêt

Autre conséquence: la raffinerie de Grandpuits, arrêtée le 26 février, le restera pendant plusieurs semaines, selon Total. Le groupe pétrolier assure que cela n’aura aucun effet sur l’approvisionnement de la région parisienne en carburant. La raffinerie traite habituellement 100.000 barils par jour.

Long de 268 kilomètres, le pipeline, vieux de 52 ans, avait déjà connu un accident similaire en mai 2014 à Saint-Vigor-d’Ymonville (Seine-Maritime). 3.000 mètres carrés de terres agricoles avaient été touchées, nécessitant une dépollution durant plus de 6 mois, selon FNE.

 

 



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